Les entretiens
Cahier n°1

Photographie couverture Pierre Belleney

Pierre Belleney
Sarah B. Cohen

Je suis un peu intimidé Sarah...

Chuttt... tu sais bien ke je suis une fille sérieuse...

T'inkiète !

Attention... micro !

Pierre Belleney

LA VENUE À L’ÉCRITURE

Photographie, chapitre II, la venue à l'écriture Pierre Belleney

- Mes ami.e.s, comme précédemment annoncé et promis, nous vous convions à un entretien exceptionnel avec Pierre Belleney dont le dernier roman en ligne, Le Miroir, publié par les Éditions de l'Obsidienne est actuellement un grand succès estival ! Il ne vous en coûtera rien de le lire ! enfin... si, peut-être... quelques dons ! mais là n'est pas la question!

Pourriez-vous nous raconter, Pierre Belleney, comment vous avez commencé à écrire ?

- Je crois que j'étais alors à l'internat ; j'avais un cahier spécial dans lequel j'ai commencé, pendant l'étude du soir, à écrire consciemment un roman ; voilà... un roman.

- Un roman... vous étiez alors adolescent ?

- Si vous voulez... en fait, j'avais neuf ans et neuf mois... enfin... dix-huit mois si nous comptons le temps de gestation. La veille de la rentrée, ma première rentrée à l'internat, j'ai emballé mon vieux nounours, Tatin, dans une boîte à chaussures. Sur le couvercle, j'avais écrit Souvenirs de mon Enfance ; je l'ai montré à mes parents... puis je suis monté au grenier ; j'y ai laissé la boîte. C'était déjà tout un roman ! Il avait un titre !si vous êtes gentil.le.s avec... elle, Tatin fera sa Shéhérazade ! Elle adore les bisous sur le ventre ! et dans le cou ! et puis ! partout! BISOUS !

- Pierre Belleney, qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

- Je ne sais pas... peut-être l'envie d'oublier que, pendant ce temps, certains internes, assis dans la salle d'étude, se griffonnaient sur les bras à coups de lames de rasoir !

- Sur quoi avez-vous commencé à écrire ?

- Sur les pages de mon cahier spécial...

- Pourquoi cet objet ?

- Il m'a plu, dans le rayon, comme ça... je n'ai pas cherché plus loin! ma mère avait un compte chez la libraire de la bourgade... bourgade ? ça se dit bien comme ça ?

- Pierre Belleney, dans quelle langue avez-vous commencé à écrire ?

- Ma langue maternelle ! mais vu que mon père avait la plus grande gueule, je dois plutôt dire que c'est lui qui m'a le plus influencé... enfin... vous retenez ce que vous voulez...

- Avez-vous déjà eu un journal intime, des carnets où vous releviez des citations, des pensées ?

- Certes... tout ce que vous avez énuméré...

- Pierre Belleney, faisiez-vous lire ce que vous écriviez ?

- Oui... j'avais un bon copain ; si je vous parle de lui, cela veut dire que j'avais plutôt onze ans et neuf mois, à ma troisième rentrée, quand j'ai voulu écrire mon premier roman.

L'histoire se passait dans une grande ville qu'il avait connue ! j'étais d'esprit très réaliste ! je voulais que mes personnages empruntent des trajets reconnaissables, à des adresses existantes ! mais j'avais un siècle de retard ! parce que l'action se passait chez les romantiques ! pour moi, un roman, c'est forcément romantique ! et, les romantiques... sont violents ! exacerbés ! dérangeants ! ou immoraux ... enfin... vous retenez ce que vous voulez... personnellement, je trouve horrible d'accompagner sa femme mourante en plein désert ! et magnifique de me dire que le seul moyen de résister au mal qui me ronge est d'aller draguer au cruising !

L’essai de théorisation qui en découle est une manière de comprendre ce qui, entre sexualisation de l’espace et érotisation d’un mouvement exploratoire, fait fonctionner le script de la drague.

Emmanuel Redoutey, «Drague et cruising», EchoGéo [En ligne], 5|2008, mis en ligne le 11 avril 2008, consulté le 23 août 2018. URL: http://journals.openedition.org/echogeo/366 ; DOI: 10.4000/echogeo.3663

- Quel était l'avis de votre ami ?

- Il s'en foutait ! ce qui lui plaisait... c'était que je lui avais demandé l'histoire des trajets, des adresses ! Son père... il y avait été facteur ! Mon pote lui demandait tout le truc ! et il revenait, tout fier ! avec la page que son père avait arrachée de son petit carnet à spirale, avec les plans ! et tout !

- Pierre Belleney, avez-vous été encouragé ?

- Oui... en dehors de mon cahier spécial, j'étais feuilletoniste ; toutes les semaines, il fallait rendre une rédac' à la prof de français ! je crois bien que j'ai toujours eu des femmes comme profs de français ; en allemand, par contre, j'ai eu un alsacien... faut pas vous vexer les gars ! mais, celui-là, c'était un vrai borné... Siegfried et tutti quanti ! J'ai eu une prof de français, exceptionnelle, en seconde et première. Nous lisions nos rédac's, chacun à notre tour, assis à son bureau ! Un jour, elle a fait un commentaire époustouflant: vous savez... le nombril est la partie la plus érotique du corps !

- Découragé ?

- En allemand, toujours aussi nul !

- Pierre Belleney, écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

- Oui... Pensez-vous que je doive en parler à ma psy ? Elle est freudienne... espagnole... Je l'adore ! J'aime le français parlé par une femme espagnole ! son accent... doux et rocailleux.

Je crains beaucoup qu'un jour, j'en vienne à la haïr... Vous savez... le transfert... ce n'est pas évident !

- Pierre Belleney, que lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent ? ... des journaux, le Coran, de la littérature de jeunesse, des bandes dessinées ?

- J'ai lu la Bible... sûrement pas toute la Bible ! mais tout de même, pas mal de pages ! violent ! très violent ! on ne devrait pas laisser ça entre les mains des enfants ! J'adorais Valérian ! il est beau comme tout et sa petite copine Laureline, pareil ! et le Grand Vizir... tellement il était mauvais ! et Rahan, le fils des âges farouches... j'aime les grands mecs costauds ! c'est mon côté garçonne qui aime qu'on l'embrasse ! à pleins bras !

- Quels sont les auteurs que vous aimiez ?

- J'avais des goûts très classiques... Alexandre Dumas, Paul Féval, Eugène Sue, Emile Zola, Marcel Proust, Honoré de Balzac, Baudelaire, Charles, Verlaine, Rimbaud, Camus, Gide et toute la compagnie des années 50 - 60 du vingtième !

J'oubliais !

Prévert!

- Sartre ?

- Je ne pouvais pas le supporter ! j'ai toujours été nul en philosophie ! Le prof était complètement à la masse! Il marchait aux tranquillisants ! Parfois, il arrivait ! total éteint ! avec ses cheveux en brosse ! sa tronche à la Jouvet ! Ouh ! fallait suivre !

Dans les années 70, j'ai commencé à lire tout à fait autre chose! La Beat Generation, les polars américains, les poèmes de Leonard Cohen... tout ce qui concernait les pédagogies alternatives... et cette fabuleuse réflexion critique qui s'épanouissait alors sur la Terre.

- Et maintenant ?

- Gustave Le Rouge ! et peut être Murakami... Monologue sur le plaisir, la lassitude et la mort... déjà... rien que les titres... ça me donne envie ! Melancholia... Ecstazy... Thanatos... ouh ! j'en ai froid dans le dos ! ... la Terre se meurt...

- Pierre Belleney, avez-vous essayé d’écrire dans une autre langue ?

- Oui... en anglais... c'est une langue magnifique pour la poésie, la chanson !

Father ! I will kill you !
Mother ! I will fuck you !

... Ça... c'est du rythme!... Jim Morrison avait, apparemment, un lourd passif!

- À quel moment avez-vous essayé d’écrire dans une autre langue ?

- J'ai commencé dans les années soixante-dix ; j'ai d'abord tenté l'espagnol... j'aime beaucoup l'espagnol... Garcia Lorca, Paco Ibanez ! J'ai eu des ami.e.s catalan.e.s, aussi ! mais je déteste Picasso ! c'est un macho typique !

Il m'arrive aussi de délirer en des langues inconnues... une langue inconnue... je trouve cela particulièrement fascinant... venue d'ailleurs ! enregistrée par mon cerveau... en je ne sais quelle vie ! quel lieu... un jour, une nuit ; je l'écris à la plume, ou au pinceau, à l'encre dorée, de droite à gauche ! je suis gaucher ! presque un taré ! mais j'ai eu de la chance... ma mère était institutrice ; elle m'a appris à écrire et ne m'a jamais contrarié... elle est, elle-même, une gauchère contrariée ! Elle me l'a certifié il n'y a pas longtemps encore !

- Pierre Belleney, avez-vous écrit autre chose que des romans, des poèmes, des chansons ?

- Oui, des essais, des articles dans des revues, des nouvelles, des mémos, des mémoires de sociologie, de psychologie ! de l'éducation ! et sûrement d'autres choses encore ! oui ! des CGV ! là... c'est particulier comme style ! mais bon... c'est comme ça ! il faut mettre du beurre dans les épinards ! maintenant... ça va ! je suis retraité ! avec un crabe à la maison ! mais, quand même ! retraité ! sauvé sur le poteau ! j'ai cru que je n'y arriverais pas ! la Camarde a failli aller plus vite ! Heureusement, Georges m'avait prévenu.

LA PUBLICATION

Photographie Pierre Belleney, Chapitre III, La publication

- Pierre Belleney, avant la publication de votre premier livre, est-ce que l’un de vos textes a été publié ?

- Je ne me rappelle pas exactement... les premières éditions et revues qui ont publié mes textes n'existent plus pour beaucoup d'entre elles... durant les années soixante-dix du siècle dernier, après soixante-huit... un demi-siècle est passé! Vous savez... ça me fait drôle de dire ça... après soixante-huit... des dizaines de revues et éditions ont vu le jour ; les publications se faisaient à l'économie... parfois, entièrement à la main. Je ne me rappelle pas si j'utilisais alors ce mot... je ne crois pas... mais nous pouvons évoquer le vocable fanzine...

La Chanson de Marianne a été alors éditée, en 1977, à Nogaro, par Jean-Roger Bronnimann, directeur de publication de Lidwine Editions ; Jean-Roger avait de la suite dans les idées ! j'étais le n°2 de la COLLECTION HORS SENTIERS.

- En gardez-vous de bons souvenirs ?

- Une excellente soirée, un tout autant excellent Vieil Armagnac, et un tremblement de terre ! au moment de trinquer ! Je n'ai plus revu Jean-Roger par la suite. Vers la fin des années quatre-vingt, je n'écrivais plus grand chose... et, entre temps, il m'a fallu bosser ici où là... je n'avais pas encore sorti de best-seller ! et pas encore assez lu Le Rouge pour feuilletonner !

Je ne sais pas si je dois le dire... mais je michetonnais ! Enfin... gentiment ! Ça me faisait plaisir! tout don était le bienvenu, ticket de restaurant, villa hors saison... j'étais attiré par cette fausse vie insouciante; j'aurais pu aussi la payer très cher... heureusement, ça devenait trop compliqué... parce que je vivais, aussi, maritalement !

L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde! Tout à l'heure, dans mes lectures! j'ai oubliéStevenson!

Entre les pattes de Cornelius! Vous savez! Le sculpteur de chair de Gustave Le Rouge!

Mais bon... rien de tout cela avec Jean-Roger! Et, c'est vrai, ce fut une excellente soirée.

- Pierre Belleney, avant la publication de votre premier livre, avez-vous proposé des textes à des revues ?

- Oui... par exemple, La Chanson de Marianne ; je l'avais également envoyée à Jean-Yves Reuzeau, des éditions du Castor Astral ; il était OK... mais il avait répondu après Jean Roger et je ne suis pas patient ! enfin... depuis... je le suis ! J'ai aussi contacté la revue l'Ecchymose, animée par Didier Michel Bidart... il avait un cancer au mental... c'est lui qui le disait ! et il a dit oui... reconnaissant que j'étais aussi malade que lui ! et puis il y a aussi mon frangin, et son acolyte, Didier Leplat ! là, on est dans l'Ego total ! L'Ego du Moi(s) ! d'Août! J'y suis! Au-delà de la Coupole!

- Comment l’avez-vous vécu ?

- Parfaitement bien ! ça m'éclate toujours quand mon ego s'épanche sur des pages blanches, virtuelles ou pas !

Mal... au-delà de la coupole... il y avait un vigile! Je n'ai pas pu terminer ma séance photo pour illustrer le texte! Il est interdit de photographier dans un centre commercial!

- Pierre Belleney, avant la publication de votre premier livre, connaissiez-vous d’autres écrivains, des journalistes, des éditeurs ?

- Oui... j'avais une amie, une excellente amie, Patricia Ahdjoudj ! née kabbyle... Je ne sais pas ce qu'elle est devenue... elle écrivait des poèmes passionnés et torturés ; certains furent publiés par le Castor Astral ; elle avait une coccinelle dorée et, la nuit, nous tournions dans tous les coins de la ville et nous écoutions toute cassette de Tachan, Mama Béa, Caussimon, Fontaine, Higelin ! Je n'aurais pas dû commencer l'énumération!Toute la chanson française «rive gauche»! Du vieux Ferré, les cris, la tempête!

Un jour, je lui ai parlé de Patty Smith ! Le lendemain, Patricia avait déjà tout acheté !

Sans écouter !

Je lui avais dit que Patty était folle de Rimbaud !

L'année dernière, Patty a acheté la maison de Rimbaud à côté de Charleville-Mézières ! L'humanité a une sacrée chance ! un trésor mondial placé entre de bonnes mains !

Bref... quand Patricia a entendu gueuler Patty dans sa coccinelle, elle a failli me virer sur le trottoir.

Finalement, nous nous sommes calmé.e.s et j'ai récupéré toutes les cassettes de Patty...

C'est vrai... j'ai toujours eu ce petit côté michetonneur...

Patricia a claqué tout le fric de sa mère adoptive de cette manière! J'étais très modeste en ce pillage! Café, tickets de resto-U, places de ciné, quelques bijoux ici et là... des broutilles!

Il faudrait que je vois cela avec ma psychanalyste... Patricia a postfacé mon premier livre, Zone Sinistrée, et c'est elle qui m'avait présenté à Jean-Yves Reuzeau.

Sinon, bien sûr, je connaissais et connais un certain nombre de poètes. Nous nous retrouvons dans des salons de poésie, comme celui qu'organise, encore actuellement, Camille de Archangelis, le Festival Populaire de Poésie Nue.

Je ne vais pas énumérer tout le monde ! La célébrité implique une certaine discrétion... que j'ai déjà... outrepassée... vraiment... mais là... je n'ai pas le choix... c'est bien avec Patricia que tout cela a vraiment commencé... et je l'en remercie... Patricia... Ahdjoudj...

- Pierre Belleney, comment vous est venue l’idée de publier ?

- je crois que la rencontre avec Patricia en a été le moteur principal ; elle était abonnée à des revues, elle avait beaucoup de fascicules et livrets de poésie dont ces magiques petits livres édités avec de beaux papiers, des gravures... j'ai toujours aimé les livres... surtout ceux-là... j'en ai moi-même fabriqués... pour mes poèmes... mais comme je les faisais entièrement à la main ! vous voyez... il y a un horrible mot pour qualifier cela: ce n'est pas rentable ! alors... ça fini par décourager ! enfin, moi, en tout cas ! mais tout le monde peut encore trouver de ces éditeurs très artisanaux... la geste héroïque n'est pas morte !

- Combien de temps s’est-il écoulé entre le moment où vous avez eu un manuscrit prêt et le moment où vous avez décidé de faire des démarches pour le publier ?

- au départ, ce fut assez rapide ; Patricia a lu les premiers poèmes et nouvelles que j'avais sélectionné.e.s... elle m'a fourni une liste de revues... j'ai contacté les unes et les autres, petit à petit ; je crois que je n'avais aucune idée de la manière dont il fallait aborder ce genre de démarche. Je l'ai faite à ma façon, sûrement !

- Pierre Belleney, est-ce que quand vous écrivez, vous avez déjà en tête l’idée de publier ?

- absolument pas ! j'écris quand le besoin en devient impérieux ! sinon, je ne dors plus la nuit ! je me mets à construire des pages entières, dans ma tête ! au bout d'un moment, je ne sais plus où j'en suis ! alors... j'écris.

- Qu’est-ce qui vous a poussé à publier ?

- le besoin de partager tout ça... de raconter des histoires aux petits enfants... la nuit... de terribles histoires ! pour leur faire peur !

Je suis sadique ! Mais j'aime bien aussi recevoir la fouettée! Mon père savait parfaitement bien manier le martinet! Sûrement pas aussi bien que Le Rouge! Mais quand même... J'ai dû me retenir! Vous savez... j'avais des envies de meurtre!

- Pierre Belleney, est-ce que vous trouvez que la publication est une étape importante ? Nécessaire ? Ou pas ?

- C'est absolument nécessaire ! Si je ne le fais pas, je déçois Shéhérazade ! vous savez... maintenant... elle a fini par être à court d'inspiration !

- Quand avez-vous publié votre premier livre ?

- Et bien, si «La Chanson de Marianne» n'est qu'un texte court, mon premier livre publié, fut Zone Sinistrée... je n'avais pas reçu de réponses favorables ; le nombre de pages dépassait ce qui était habituellement admis par les petits éditeurs que j'avais contactés.

C'était un petit roman ou une trop grosse nouvelle! J'y déroulais divers tableaux de ma vie dépravée de hippie mais cela se passait dans un univers irréel, ou, en tout cas, bien rongé par la fin du monde, avec des skinheads pour faire peur ! en tout cas des zonards crânes rasés et machos! et, comm' d'hab', écrit dans l' plus déroutant verbiage, bourré d'élisions ! genre, Eh, p'auv' con! Dis tu m'r'fileras bien un bout d'ton gâteau ? C'est plus fort que moi ! dès que j'me lâche, j'parle comm' ça ! Bref... Zone Sinistrée fut donc auto-édité.

- Pierre Belleney, vous rappelez-vous votre sentiment lorsque votre premier livre a été publié ?

- Après la publication de La Chanson de Marianne... je me voyais déjà en Grèce, à Hydra ! avec Cohen !

- Aviez-vous une idée précise du type d'éditeur chez qui vous souhaitiez publier ?

- Oui... être en face d'une personne compétente en technique d'édition et à l'écoute d'une bonne dose de marginalité, de différence, de texte libéré des conventions ! je crois que c'est vraiment ce que je souhaitais.

- Et pour les livres suivants ?

- Je n'ai pas changé d'avis sur la question.

- Pierre Belleney, comptez-vous proposer vos prochains textes à des éditeurs ?

- Oui... aux éditions de l'Obsidienne... je suis fidèle, vous savez... et puis... peut-être... à des éditrices, des éditeurs, genre ! de ces phénomènes qui éclosent dans le ciel lorsque le soleil brille pendant la pluie! Je suis scorpion... j'aime les recoins chauds et humides! et puis sûrement aussi à l'Ego du Moi(s)... ça me fait du bien d'exploser comme ça mes tréfonds !

- Cela fait plus de quarante ans que vous écrivez ; avez-vous bénéficié du soutien d’une institution, d’un club, d'une subvention, d'une quelconque aide matérielle ?

- Je crois bien que ma réponse sera décevante... rien à signaler ! en dehors d'une aide symbolique du Festival Populaire de Poésie Nue... quand je ne romance pas, j'écris du code HTML! Vous savez, le code qui permet d'afficher les contenus des pages web ! C'était encore mon boulot, il y a un an ! J'ai développé le site du Festival.

Sinon, je dois aussi remercier Jimmy, Lolo, ma fille, mes fils et ma mère !

Allo allo bisous à toutes et à tous ! Merci encore! voilà.

- Pierre Belleney, à ce que j'en sais, le webmastering comporte un volet design... avez-vous été amené à négocier la présentation de votre dernier roman, Le Miroir, les pages de couverture, par exemple ?

- J'ai entièrement conçu l'illustration sur mon ordinateur... pour moi, il n'était pas même envisageable de présenter ou de discuter d'un autre projet. La charge émotionnelle que je veux transmettre par cette image est partie intégrante du texte... ceci est très important... j'ai en tête un exemple de la charge émotionnelle intense que peut dégager une première de couverture... celle du dernier opus des Cahiers QuestionsDeGenre, La zone sotadique, de Richard Francis Burton, chez GayKitschCamp ! J'ai trouvé intéressant qu'ils en déposent diverses options possibles sur la page FaceBook de GKC; et demandent l'avis des ami.e.s de la page.

- Au moment où Le Miroir fut mis en ligne, avez-vous eu l’occasion d’en parler publiquement ?

- Non... cet entretien et le premier qui m'est proposé... et je vous en remercie.

- Comment votre livre a-t-il été commenté au moment de sa mise en ligne et ensuite ?

- à ce jour, no comment ! ... j'aimerais bien... vous savez! C'est complexe d'expliquer pourquoi... je n'arrive pas moi-même à le formuler... mais j'aimerais bien! Et pas... juste pour flatter mon ego...

- Pierre Belleney, avez-vous déjà publié sous pseudonyme ?

- Oui

- Pour quelle raison ?

- je est un autre...

- Continuez-vous d'écrire sous pseudonyme ?

- Oui

- Pour quelle raison ?

- la raison du plus fort ! non... excusez-moi... ça m'a échappé ! chaque fois qu'un mec ne sait plus où il en est, qu'il ne sait plus quoi dire ! il cogne ! Je suis désolé ! J'ai utilisé longtemps un pseudonyme d'artiste peintre ; Seij Wally ! Seij parce que c'est presque Seiji qui est un prénom japonais ; Seiji était un ami de Patricia ; je le trouvais très beau. Wally ? gator ! Woualou...

LA RECONNAISSANCE

Photographie Pierre Belleney, Chapitre IV, La reconnaissance

- Pierre Belleney, avez-vous participé à des concours littéraires ?

- Oui... au lycée... à qui sortait le texte libre le plus érotique ! quand j'étais en première, avec cette prof de français qui pensait que le nombril est la partie la plus érotique du corps. Vous savez... j'approuve totalement son point de vue !

- Avez-vous reçu des prix ?

- Le Prix Nobel de la Paix le jour où j'ai mis une baffe à mon fils qui venait de cogner sur sa sœur ! Je l'avais prévenu avant ! Je suis fair-play! Mais je le regrette encore ! ce n'était pas gentil du tout ! des fois... vous savez... même si vous n'en avez pas envie... faut montrer son autorité... c'est ça... les beaux toros ! ils reçoivent des prix ! tout le monde sait qu'ils en ont ! de l'autorité ! vous m'avez bien compris !

- Pierre Belleney, avez-vous déjà eu l’occasion d’être invité en tant qu’écrivain à l’étranger ?

- Oui... à Goussainville ! au FPPN ! nous avons mangé des merguez ; il y avait une magnifique chanteuse, sénégalaise, je crois... entre deux rappeurs, j'y ai lu un extrait du Miroir, un poème de Freddy... appelé... en Algérie.

Fais pas l'decati! Nettoie tes Zoreilles! Leurs vannes, tu t'en fous!
Quand y'savent plus quoi faire, y'massacrent! Y'cassent!
Plus y'cassent, plus y's'remplissent les fouilles! ! ! Eux! ! !
Y'travaillent pas pour le dig! Les zombies! ! ! Faut réagir, Jeannot!

- Pierre Belleney, pourquoi avez-vous publié en auto-édition ?

- Parce que je suis trop mauvais pour être retenu par un éditeur ! non ? Ce n'est pas ce qui est dit en parlant de l'auto-édition ? Trop méchant ? Je fais des fautes d'orthographe ? J'ai un style d'usine ? J'parle comm' un... tract... eur à ma sœur... bien commun tout cela !

- Savez-vous si certains de vos écrits ont été intégrés dans des programmes de littérature du primaire ou du secondaire ?

- Vous n'avez peur de rien !

- Pierre Belleney, où peut-on trouver vos livres ?

- Sur le net ! un seul exemplaire téléchargeable ! et hop ! autour du monde ! le village entier se précipite dessus !

- Certains de vos livres ont-ils été réédités ?

- Oui... La Chanson de Marianne... en ligne, sur le site des éditions de l'Obsidienne.

- Pierre Belleney, gagnez-vous de l’argent avec cette activité ou vous coûte-t-elle plus qu’elle ne vous rapporte ?

- Je crois bien que j'ai gagné quelques centaines de francs avec l'auto-édition de Zone Sinistrée... c'est tout ! Je n'éprouve aucun goût pour la comptabilité.

SOCIABILITÉS LITTÉRAIRES

Photographie Pierre Belleney chapitre V, Sociabilité littéraire

- Pierre Belleney, vous avez des amies, des amis qui écrivent, publient... vous nous en avez un peu parlé ? Plutôt des hommes ? ou des femmes ?

- J'ai longtemps été bisexuel... maintenant, je crois que je préfère plutôt les hommes... enfin... cela reste à voir! Tout dépend ce que vous entendez par là! J'ai aussi d'excellentes amies !

- Faites-vous partie d’un cercle, d’une association d’auteur.e.s ?

- Non... sauf si je considère que le FPPN est une association d'auteur.e.s

- Y tenez-vous un rôle particulier ?

- Oui... j'ai été le webmestre du site de l'association.

- Est-ce que le fait de faire partie d’un tel regroupement vous aide à vous donner une visibilité, à mieux faire la promotion de vos livres, à avoir accès à des fonds, à participer à des événements publics ?

- Très certainement pour la visibilité... d'autant plus que j'étais le webmestre du site ! Je n'en abusais pas... sincèrement...

- Pierre Belleney, est-ce que vous avez déjà initié un ou des événements publics, des conférences, des colloques ?

- Oui... en dehors du monde du livre ; je préfère, dans cet état d'esprit, travailler avec des musiciens.

- Avez-vous des ami.e.s ?

- Oui... comme la plupart des gens ! Certain.e.s ont des ami.e.s célèbres ! mais... ce n'est pas mon cas... ou je ne m'en suis pas aperçu ! je suis perdu dans mon ego !

- Quand et comment les avez-vous rencontré.e.s ?

- N'importe quand, en jean et T-shirt au bord de la route, perdu.e.s dans la rue, un plan à la main, sans domicile fixe, sur les marchés, devant, derrière et sous l'étal, dans les parcs publics en promenant Mirza, à la plage, dans les dunes, en surveillant l'arrivée de la garde montée, autour, dessous et sur une table, dans un appart' où je ne connaissais personne ou presque, dans des piscines privées, au cruising, au sauna... vous imaginez comment! Restons sobres! à la fac, au boulot, au lycée ! Comme tout le monde! Sur FaceBook!

- Quand et comment les voyez-vous ?

- Je vois, régulièrement, certaines et certains, et très peu, d'autres ; elles, ils vivent loin de moi ! mais nous arrivons tout de même à passer des moments ensemble. J'ai vu, il n'y a pas longtemps, sur la Gay Pride, Naïko Larrañaga, Patrick Cardon; j'ai tapé la discute au tel' avec Abbassia Naïmi, pas plus tard qu'hier... Elle revenait du Festival Montmeyan en PoéVie... Le festival est organisé par Richard Taillefer que j'ai rencontré, comme Abbassia, au FPPN... nous sommes tous sur FaceBook... mais pas que! Heureusement... parce que... j'aime bien, aussi, toucher les gens... bisous! Ah.... les bisous! Avec des petits cœurs roses qui s'envolent de partout!

- Pierre Belleney, est-ce que vous pouvez discuter avec ces am.i.e.s de votre activité d’écriture ?

- Pas avec tou.te.s ; ce n'est pas ce qui nous rapproche... mais avec quelques-unes et autres, oui.

THÈMES DES ŒUVRES

Photographie Pierre Belleney, Chapitre VI, Thèmes des oeuvres

- Pierre Belleney, pouvez-vous me parler en quelques mots de chacun de vos livres ou de ceux que vous choisirez ?

- La Ballade de La Dame des Orées

est un long poème écrit sous la dictée d'Amari, un haschischin aviné, le cri de rage et de haine d'un jeune homme qui se débat comme il le peut avec sa cuirasse caractérielle, musculaire..., son cancer, cette peste émotionnelle décrite par Wilhelm Reich, mort dans un pénitencier américain; Eisenhower, président.

Mais c'est le gouvernement Truman et McCarthy qui voulaient sa peau! L'espionnage soviétique avait, paraît-il, infiltré le gouvernement américain! Ça ne vous rappelle rien!

Reich était totalement convaincu que le stalinisme était une peste! Rouge. Il savait de quoi il parlait!

Quand il a publié La Révolution sexuelle, la jeunesse communiste berlinoise a poussé des cris de joie... les staliniens du Parti ont viré Reich!

Après diverses péripéties... Reich se retrouve en Amérique! Comme Tintin.

Reich l'américain... un total charlatan! Il essaie de valider son caisson à orgone comme thérapie anti-cancéreuse!

Après quelques anicroches sérieuses avec la flicaillerie médicale et fiscale, il se porte, paraît-il, volontaire, dans une cellule de pénitencier, pour tester des médicaments! Il serait mort d'un arrêt cardiaque. J'ironise... mais pour moi... ça se résume bien comme ça!

Vous y croyez à tout ça? Moi... pas... personne ne pourra me faire avaler que l'auteur de «La psychologie de masse du fascisme» puisse être un charlatan!

Qu'il ait fait des erreurs scientifiques... je ne suis ni en mesure ni en compétences d'en parler... mais la société patriarcale sait parfaitement comment procéder lorsqu'un scientifique commence à déclamer des propos inconvenants!

«Il est de nombreux passages de l'Écriture qui doivent être interprétés selon les idées du temps et non selon la vérité même des choses».

Selon la vérité même des choses... Le temps était aux mensonges, à la psychologie de masse... trumpettes de la renommée...

L'essence du capitalisme est totalitaire!

Patriarcale! pour moi, cela signifie... la morbidité absolue... les bûchers... les pendaisons... les injections de produits létaux... les flagellations... les défenestrations... les frontières, les clôtures... l'enfermement... le déni de l'autre... de la femme... de l'enfant... le mépris de la différence... de la sexualité, du corps... la soumission aux religieux, aux patrons... aux généraux... le mépris total de la démocratie... la corruption, l'impunité des soi-disant représentants du peuple... le viol... l’assassinat, la domesticité... l'esclavage... le salariat! La guerre... la déportation... le génocide... la spoliation industrialisée! La désolation industrielle... la liste est non exhaustive!

La Ballade de La Dame des Orées est une fable, une parabole, une allégorie intemporelle qui hante les landes humides, sous une brume épaisse où gémissent les lavandières, les margots, les korrigans, les skouls et autres farfadets.

Zone Sinistrée

est l'histoire d'une inondation, un déluge post-industriel... sûrement !

Quelque chose comme un changement climatique !

Trois glaçons qui se liquéfient en cinq minutes dans un verre d'eau fraîche de trente trois centilitres sous une température extérieure de trente-huit degrés centigrades.

Regardez bien... les glaçons fondent de plus en plus rapidement! Exponentiellement!

Le Miroir

se passe régulièrement dans les vaps !

Un combat contre l'oppressante omniprésence du capital, la misère de la vie sexuelle, le mensonge aliénant des tabous imposés par des privilégiés auto-déclarés, libres délinquants de luxe en état d'anomie protégée et permanente.

Vous savez... là... je ne sais pas s'il faut prévoir de féminiser le propos!

Des privilégiées auto-déclarées, libres délinquantes... vous en connaissez?

Personnellement, je n'ai pas de truie à balancer! Mais des porcs... là... c'est sûr!

La Chanson de Marianne

flirte avec

le malaise

dans la civilisation

Capoeira,

comme il se doit,

évoque

l'esclavagisme.

PowerToys

sont des outils proposés par Microsoft afin d'ajouter de nouvelles fonctionnalités à son système d'exploitation Windows...

power strength potency
might puissance volume
authority rule might
authorization
proxy strength muscle

J'y parle encore de Reich... mais aussi de Sheila... et pas nécessairement pour la traîner dans la boue!

Une revue, d'obédience freudo-marxiste, que je ne nommerai pas, a refusé l'article au prétexte que cela sentait trop le fan!

Il est vrai qu'il n'est pas possible de rester indifférent à Annie Chancel...

Chanteuse-interprète, cette femme, mineure, prolo, intelligente, pleine d'énergie, de gentillesse, commence par se faire, exploiter à seize ans! Sheila est née! Mariée pour affaires... le tout en bossant comme une folle, sous la pression constante d'un boss raciste, pingre et catho comme c'est pas possible! qui se fait un fric fou sur son dos et la paie une misère! couvert par un contrat signé par des parents qui n'ont seulement vu, sûr, que leur fille avait là un sacré coup de pot!

Mais aussi, et surtout, qui ne comptaient pas la monnaie sur la même échelle que le boss!

Là aussi... je résume!

Bien... 1963... l'école est finie... au boulot! Vous avez dit combien? Un million de quarante- cinq tours! Quasiment un par famille française!

Pour ne rien oublier...

Fukushima, journal d'un internaute, 2011

... directement extrait d'un choix de statuts FB que j'avais alors publiés en direct! À l'instinct!

À donf dans Google!

Je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'expliquer de quoi il s'agit ! mise à part que cela se passe au bord de la mer...

Comme mon dernier texte en date, À travers la coupole, publié par l'Ego du Moi(s) d'août, qui se passe à Shima, non loin de la mer.

Wilhelm Reich

,

une sorte de commentaire autour de la vie de Wilhelm Reich...

Les étudiants et les noirs américains nous montrèrent les chemins de l'erreur...

Nationalisme et refuge dans le mysticisme sont les véritables soulagements du tyran vainqueur.

Je vous invite à lire le texte... je ne vais pas en expliquer la conclusion ici et maintenant.

GENRES DES ŒUVRES

Photographie Pierre Belleney, Chapitre VII, Genre des oeuvres

- Pierre Belleney, vos livres sont-ils d’un genre particulier ?

- oui... transgenre, cisgenre... et genre industriel...

- Industriel ?

- je vous assure... ce genre existe ; il désigne un genre littéraire qui fait son apparition au début de l'ère victorienne en Grande-Bretagne. Il décrit le déclin d’un monde essentiellement rural gagné par de nouvelles formes de production et d'urbanisation et aborde les difficultés dans lesquelles se débattent les ouvriers non seulement pour survivre mais aussi pour défendre leur humanité pendant et après la révolution industrielle. C'est la définition de Wikipédia.

Défendons notre humanité!

- Pierre Belleney, pouvez-vous dire quelques mots du thème ou de l’histoire de l'un de vos romans ?

- Je me demande depuis longtemps ce que je veux dire dans La Chanson de Marianne.

Marianne vit dans un F3, dans une HLM de la municipalité de Besançon, grise avec des volets bleu-ciel, au bord du boulevard Winston Churchill, avec des dizaine de bagnoles et de poids lourds qui passent jour et nuit...

La HLM de Marianne n'est pas bien loin de l'usine LIP !

Vous vous rappelez ?

La grève chez LIP ? L'affaire LIP!

Quasiment six années de perturbations prolétariennes! L' expérience d'autogestion des stocks réquisitionnés par les ouvriers comme nerf de la guerre ! Les ventes sauvages!

Sauvages!

- Comtois rends-toi!

- Nenni, ma foi!

- Où sont vos chefs?

- Nous sommes tous chefs!

C'est la Franche Comté ! Des têtes de bois!

Rouget de Lisle, Charles Fourier, Victor Considerant, Pierre Joseph Proudhon, Jules Bonnot, Hubert-Félix Thiéfaine, Ange, les bouses, la cancoillotte, la traite des vaches après l'usine !

Même certains curés étaient solidaires des LIP !

Un jour... Marianne craque ! Elle se tire en stop! à Montbéliard ! C'est un patelin dégueulasse, qu'elle dit! Le conducteur, un nord-africain, va à Voujeaucourt !

Tout ça, c'est au milieu des usines Peugeot ! 104 204 304 404 504 604. Tout est Peugeot ! y compris les supérettes ! une chaîne bien organisée ! Vous voyez... je suis tout à fait sérieux ! c'est bien du roman industriel... Travail, Patrie, Famille Peugeot!

- Pierre Belleney, pouvez-vous nous parler de vos personnages ?

- ça va être compliqué... vous avez-vu la longueur du générique du Miroir ? Je me suis pris la tête avec ce générique ! Je ne voulais oublier personne ! surtout pas les manifestants ! ni le lycéen antisémite ! encore moins Dany Le leader étudiant ! Et... Le gros actionnaire !

Marianne débarque aussi dans Le Miroir ! Mais, si vous voulez, je peux vous parler de Sara... l'amour fou de Paulo! fée diaphane de ses songes tourmentés et inachevés... au placard!... au placard Sara ! mais pourquoi donc... au placard ! Une vraie p'tite maman... Elle fait la plonge... un jour sur trois... avec ses autres frangines... Les deux frangins, HS! Maman souffle un peu... d'vant la téloche... Le père est prolo à la Rhodia ! toujours dans l'industriel ! et le placard... ça fait des années que ça dure ! Sara va-t-elle en sortir ? Suspense... Coucou Sara! Bisous! C'est trop drôle! Excusez-moi... Sans hash, Sara... sans hash! Sara disait qu'elle ne fumait pas le pétard!

- Pierre Belleney, est-ce que ça se passe parfois à une époque et dans un lieu particulier ?

- Zone Sinistrée semble assez souvent se passer à une autre époque... un autre monde... cela m'arrive, ici où là... je viens de le faire également... durant mon moi(s) d'août! avec le texte court publié par l'Ego...

Ce texte court se déroule à Shima, une ville non loin d'une côte où poussent les palmiers... les transats sont dosimétriques et des drones purifient l'orgone ! pas l'ozone ! hein ! L'orgone ! vous voyez, là, je suis en plein délire! Du Reich à cent pour cent! De la science... fiction !

- Pierre Belleney, est-ce que vous avez écrit ce texte court pour une occasion particulière ou pour témoigner de quelque chose en particulier ?

- Peut-être... je ne fais pas de projet ! je vis ici et maintenant... mais... tout de même... j'aimerais témoigner de quelque chose en particulier ; je vis quelque chose de particulièrement industriel ! Il faut que je me bagarre avec un crabe qui me bouffe la prostate... les perturbateurs endocriniens sont passés par là! c'est ça... vous voyez... à Shima, il y a des crabes partout ! je me bagarre... fais mon bilan... régulièrement ! Et je patiente!

Excusez-moi encore, je vais employer un hapax
... en fait, je proactive un max!
J'essaie... enfin! de prendre ma vie en main! à pleines mains! Vous ne pouvez pas savoir combien cela me fait du bien! Quand vous vous rendez compte que ce putain de crabe et les traitements chargés de le négocier, radio... hormono... thérapies! sont en train de casser l'énergie même qui vous anime, qui m'anime... là... je proteste! Je proactive! Un max!

Vous avez sûrement entendu Wauquiez... Laurent! déclarer que la castration chimique - c'est la même chose qu' une hormonothérapie... appliquée sur des personnes en bonne santé physique! Je ne parle pas de leur santé psychique! Ces personnes sont probablement très perturbées... - devrait être rendue obligatoire pour les délinquants sexuels... délinquantes sexuelles?

Je souhaite juste à Laurent Wauquiez de n'être jamais pris en flagrant délit de grandé toro qui défonce une pauvre petite génisse innocente et mineure dans le grand bosquet au fond de la prairie!

Ce type... il ne sait pas de quoi il parle! C'est pas un eunuque! Sûr!

C'est tout ce que j'ai à déclarer à ce sujet, ici, et maintenant...

SOCIALISATION FAMILIALE

Photographie Pierre Belleney, Chapitre VIII, Socialisation familiale

- Pierre Belleney, où êtes-vous né ?

- Je suis né en 1955, rue de la Madeleine, à Besançon, dans le département du Doubs, Région Franche-Comté !

- Où avez-vous vécu ?

- À l'école publique, au-dessus des cours de récréations!

- Pierre Belleney, est-ce que vous pouvez me parler de votre enfance, de vos parents, de vos frères et sœurs...

- Mon père était un fils de paysans ; c'est encore un roman industriel ! La ferme part en décrépitude! Son frère se bat pour les industriels du caoutchouc, en Indochine! Mon père ouvre un garage au bled... mais ça n'a ne marche pas ! Après, il bosse à Besançon, dans un atelier de réparation de cycles, rue de la Madeleine ! puis, grâce à son beauf, ingénieur chez Peugeot ! Peugeot! toujours ! il se retrouve magasinier chez le plus gros concessionnaire de cycles Peugeot ! Peugeot! toujours ! de Besançon.

Le boss est le père d'un beauf de mon père! Sam ! L'une des deux sœurs de ma mère était la bru de Sam ! Vous suivez toujours ? Et pas de e à bru! S'il vous plaît!

Un féminin sans e! c'est dingue! Comment voulez-vous qu'un fils... de maîtresse d'école, fille de prolos! s'y retrouve!

- Vous nous avez confié que vous parliez plutôt votre langue paternelle... mais votre famille maternelle ?

- Mon grand-père maternel était retraité ; il avait un poulailler, un clapier, un fusil, un atelier à miel, un garage, un hangar, une... deux chevaux, un jardin avec une vigne et un bois d'acacias. Il avait été apprenti charpentier, puis poilu, puis camionneur ; pendant la guerre, la deuxième ! Il s'en est tapé deux! Il transportait des carburants ! son film préféré était Le Salaire de la peur !

La Gestapo voulait absolument, qu'avec un nom pareil, mon grand-père soit juif ! tout le monde a eu très peur... mais finalement, l'arrière-arrière-grand-père avait eu la bonne idée de se faire marquer catho à l'état civil ! pour son mariage !

Il avait été débarqué sans solde... à Paris... une pratique très courante! aux trousses de Napoléon... depuis les fins fonds de la Moldavie ! Jokel... J.O.K.E.L! c'est son patronyme original! c'est sûr, ça ne sonne pas trop morvandiau ! au milieu des toucheurs de bœufs et des mineurs! Des fois, dans les Wikis... c'est délire! Je vous jure! C'est une citation de l'article morvandiau! de wiktionary.org

Ma mère est née à Sens ! Sa mère, c'est un peu compliqué... c'est une famille de domestiques... je crois ! Vous savez... les amours ancillaires! C'est juste une supposition! Les secrets de famille ont la peau dure!

Ma mère était maîtresse d'école... comme nous le disions à ce moment-là ! sa sœur aînée aussi ! Sa sœur puînée a fait pharma' !

Que des filles à grosses têtes dans cette fratrie! Fratrie! Vous voyez... comme la langue est pleine d'évidences jamais contestée! Fratrie... ça vient de frère? Non... vous savez, je n'ai pas fait mes humanités... j'ai souvent des flous... comme ça!

Les filles, ça compte pour du beurre? Bref... une fratrie! de trois sœurs! Macha, Olga et Irina...

J'ai un frère et deux sœurs.

- Quelle est votre place dans la fratrie ?

- je suis l'aîné ... attention ...

RESPECT...

- Pierre Belleney, quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ?

- Une armoire comtoise ! qui provenait de ma famille paternelle ; deux mètres de large, deux mètres cinquante de haut et bien soixante centimètres de profondeur... elle occupait déjà tout un mur de la chambre que je partageais avec mon frangin.

- Des livres, des journaux, des revues ?

- Il y avait de tout cela ! Le tour du monde en quatre-vingt jours! la Grèce, Rome, l’Égypte, les temples d'Abou Simbel, le Secret de La Licorne, le Petit Prince, le Journal d'un Curé de Campagne, l’Île des Pingouins... l'Immoraliste, la Peste, les prix Nobel de littérature...

Mon préféré était L'Apostolat du Knout, des nouvelles de Władysław Stanisław Reymont! Russification tsariste de la Pologne!

L'Idiot... la mort de Nastassia... Ma mère adore Gérard Philipe! Je l'ai aussi toujours trouvé très beau... dans Les orgueilleux, surtout! parce que... je crois... que ce fut le premier film à carré blanc que ma mère m'a autorisé à voir! C'était chez ma tantine! La sœur de mon père!

Vous voyez... j'avais de quoi faire ! J'en oublie... J'avais aussi un abonnement à la Bibliothèque Municipale de Besançon!

J'étais un lecteur boulimique jusqu'à mon entrée en fac ! là... c'était moins drôle ! fallait ingurgiter... Mais je m'éclatais dans les casiers! À la recherche! À la main! Google... c'était encore de la science fiction! Les moteurs de recherches... c'est fantastique! Quand j'écris... j'ai toujours Firefox ouvert! Faut bien faire un peu de pub pour les logiciels libres!

(- C'est quoi ça? - C'est hors sujet! )

- Pierre Belleney, vos parents, frères et sœurs, lisaient-ils autant ?

- Je crois que mon père lisait principalement l'Est Répu -gnant ou -blicain... au choix ! ma mère ne lisait pas en notre présence... (?)... je me rappelle parfaitement la voir écouter de la musique... je l'écoutais avec elle... elle m'emmenait aussi aux concerts... au Festival de Besançon.

Mes sœurs et mon frère ? je ne me rappelle plus. Vous savez, je suis parti de la maison à neuf ans dix mois ! absent pendant cinq ans ! retour un week-end sur deux !

- Vos parents, s’intéressaient-ils à ce que vous écriviez ?

- Je ne leur en parlais pas.

- Vous aviez peur que le fait que vous écriviez soit mal vu ?

- Non... je ne crois pas... je ne discutais pas avec mes parents... enfin... vous comprenez ce que je veux dire... je n'avais pas de discussions intimes et approfondies avec mes parents... ma mère était très discrète sur les questions de sexualité... mais je pouvais lire les romans de Gide qui étaient dans l'armoire comtoise, qu'elle avait donc elle même acquis... sans qu'elle me fasse une seule réflexion ni ne m'empêche de le faire.

Tu n’imagines pas, Nathanaël, ce que peut devenirenfin cetabreuvement de lumière ; et la sensuelle extase que donne cette persistante chaleur...

- Pierre Belleney, vous a-t-on encouragé ou au contraire découragé à écrire ?

- oui, ma prof de français qui ... le nombril... m'encourageait par d'énormes dix-huit...

- Vos parents s’intéressaient-ils à vos devoirs scolaires ?

- Avec une mère instit'... difficile d'y échapper !

- Y avait-il des analphabètes dans vos deux familles ?

- Analphabètes ? peut-être... tout dépend de ce que vous entendez par là !

Je crois bien que j'ai eu une grand-tante ou grand-grand-tante comme cela !

Anal.e... fa... bête...

Attendez... je ne me rappelle pas si elle était une tante de mon oncle ou une grand-tante de mon oncle!

Non! Pas d'homophobie! S'il vous plaît! Pas de peur démesurée et irrationnelle!

- Quelle relation aviez-vous avec cette personne ?

- J'adorais aller la voir avec ma tantine, la sœur de mon père. Nous y allions à vélo ; petit, j'étais derrière ma tantine, sur son vélo. Il y avait une grande côte, dans la forêt. Nous y allions ramasser les champignons, le muguet.

En bas de la grande côte, il y avait le champ de patates. Il n'y avait pas que des patates ! mais c'était surtout des patates !

Mon oncle et ma tantine avaient aussi un verger, avec des mirabelles et des pommes !

Mon oncle était bouilleur de cru, alcoolique, cantonnier, vannier et rempailleur de chaise.

Il parlait patois seulement quand mon père le lui demandait.

Ma tantine refusait de lui ouvrir la porte les soirs de grands jours !

La grand-tante habitait au-dessus de la côte, à la sortie du bois, à l'entrée d'un petit village.

La maison était toute petite, avec un toit en chaume et les murs en torchis...

Cette grand-tante... c'était une visionnaire! Elle vieillissait parfaitement bien dans une maison totalement biodégradable...

La cheminée du fourneau passait au centre du toit ; le sol était en terre battue et cela sentait la meringue ! ses meringues étaient délicieuses.

J'avais l'impression d'être dans un film de Disney !

Ma mère nous emmenait voir Blanche-Neige.

Mais la vieille tante ne m'épouvantait pas... elle m'avait dompté avec son sucre et ses blancs d’œufs... j'allais les ramasser, sous les poules... avec elle, derrière la chaumière.

Il y avait aussi son tas d'ordures... Il n'y en avait pas des masses!

Voilà... faut vivre comme les analphabètes... pour sauver la planète!

Rester nature!

Attention...

ne pas se laisser avoir par ce genre de propos! Je n'ai jamais dit cela.

Y'a Limite! Gaultier Bès... c'est pas ma tasse de thé! Je vous ai dit... je suis petit-fils de paysans! La culture, ça m'connaît! Gaultier... faut s'en méfier! Il dénonce big pharma... Il s'embarque à disserter sur la notion de Bien Commun... mais son « alternative catholique» se distingue en ce qu’elle se fonde sur un sacrement: la communion eucharistique. Vous m'avez bien suivi?

- Pierre Belleney, connaissiez-vous des écrivain.e.s dans votre entourage familial ?

Des artistes ?

- Des artistes ? Je ne crois pas... des artisans... oui ! du côté de ma mère ; mon père avait un oncle qui était écrivain... le chanoine Belleney !

Sainte Bernadette, Bergère en Chrétienté, les dix-huit apparitions, chez Bonne Presse.

J'en ai un exemplaire qu'un ami a trouvé chez les bouquinistes, ou aux Puces. Il ne savait pas si vraiment le chanoine était de ma famille.

Cela l'amusa beaucoup ! Son auteur préféré est Marx ! Je n'ai jamais eu le courage de lire l'histoire de la petite bergère des Pyrénées ! J'aurais pu la coller contre le Karl! Sur l'une de mes étagères à bouquins... Mais elle n'aime pas les barbus.

Du coup, je l'ai collée contre Zone Sinistrée! Histoire de... honorer la lignée! Vous savez... Reich a légué son fusil à son fils! Un vrai patriarche le Wilhelm! Mais il a fait des tas d'efforts pour nous aider à en sortir... alors... faut vraiment être mauvaise langue pour répéter ça!

Léguer son fusil à son fils!

Avec la symbolique du fusil! Pouh... Reich avait pourtant bien discuté avec Sigmund!

- Que faisiez-vous de votre temps libre ?

- Je me bagarrais avec mes sœurs et mon frère, pour qu'ils ne bouffent pas mon espace vital!

Enfin quoi... j'allais tout de même pas pisser sur leurs oreillers!

Je jouais aux petites voitures ; il y avait un muret à hauteur d'enfant qui entourait toutes les cours de récrés ; c'était une vraie autoroute ; j'en ai cassé beaucoup !

J'étais détestable ! sauf quand je lisais dans la chaise longue... là... fallait que plus personne ne bouge ! ... une Diva! Quoi! Qui se détend les cordes avant de monter sur scène!

- Aviez-vous plutôt des amis garçons ou filles ?

- des garçons ...

... mais ne croyez pas que!

SOCIALISATION SCOLAIRE

Photographie Pierre Belleney, Chapitre IX, Socialisation scolaire

- Pierre Belleney, pouvez-vous me raconter votre parcours scolaire et vos choix d'études ?

- La petite école avec ma mère; la grande, avec un collègue de ma mère, un instit merveilleux, qui empaillait des tas d'animaux, épinglait les insectes et nous initiait à des tas de petits bricolages.

Il est mort, je crois, le foie rongé par je ne sais quoi qu'il avait attrapé avec un cadavre... je n'ai jamais vraiment su comment.

J'étais très ami avec ses deux garçons. Nous jouions évidemment aux cow-boys et aux indiens. Nous avions énormément de place car le bâtiment contenait trois écoles, trois cours, avec des tilleuls, quatre par cour, trois préaux, des vespasiennes, des toilettes pour les filles et trois jardins avec deux cabanes de jardin et deux vergers.

C'était encore une commune paysanne. Mais il y avait aussi les Salines et un bon nombre de familles espagnoles et portugaises y bossaient.

Après, je suis allé à l'internat ! cinq ans !

La cinquième année, comme j'étais un petit génie, je l'ai passée à préparer uniquement le concours d'entrée à l’École Normale ; je fus reçu.

Je suis entré au lycée Victor Hugo, à Besançon ; en seconde C ; j'ai redoublé... c'était l'année des maths modernes ! je me suis donc fait virer de l’École Normale ; j'ai fini en bac littéraire ; là... je persiste ! je prépare, depuis la fac, la formation PEGC ! prof de collège français histoire-géo ! En supplément, au programme... psycho pédagogie, linguistique appliquée ! pas de bol ! la formation est supprimée ; les facs étaient trop gauchistes !

Je persiste ! je m'inscris en sociologie ! Ouf... j'allais enfin pouvoir régler mes comptes ! Ben non... Je manque de tact ! Je me fais dire que ce n'est pas la peine de prétendre passer en maîtrise !

Je jette l'éponge!

- Y a-t-il des disciplines que vous préfériez à d’autres ?

- Le français, l'histoire, moins la géographie, la psychologie, la sociologie.

- Y a-t-il des disciplines que vous n’aimiez pas du tout ?

- La physique ! tous mes profs de physique étaient des fous furieux maniaques !

- Quelles relations aviez-vous avec vos enseignants ?

- Je n'ai jamais cherché la bagarre avec eux ; sauf à la fac... là... faut arrêter de gober le discours quand il commence à puer ! C'est vital !

- Quelles étaient vos relations avec les enseignants de lettres ?

- En général, plutôt bonnes ; je crois que j'étais amoureux de ma prof de français qui, le nombril, etc.

- Quels sont les exercices scolaires que vous préfériez ?

- la rédac, la disserte, les textes libres.

- Ceux que vous détestiez ?

- les dictées, les résumés et explications de texte !

- Pierre Belleney, avez-vous eu des prix de fin d’année quand vous étiez à l’école, au lycée ?

- je ne me le rappelle pas ! Tout m'était dû comme disait mon père !

- Avez-vous participé à des concours d’écriture pour lycéens ?

- Non.

- Y avait-il une revue au lycée ou à l’Université où vous étiez ?

- Oui.

- Y aviez-vous publié ?

- Je ne crois pas... où alors si ! à l'école primaire ! avec l'instituteur dont j'ai parlé tout à l'heure ! Je crois qu'il avait des côtés très Freinet... finalement...

Célestin et Élise! Tout.e.s nu.e.s, au soleil, la binette à la main, la ballade au bord de la rivière, bien fraîche, l'école buissonnière...

- Avez-vous eu une bourse pour vos études ?

- Oui... une fois, quand j'étais en socio ! Après avoir été salarié durant un an et demi ; pour le reste, il m'a toujours fallu bosser ; des petits boulots ! la pub dans les boîtes, le tri postal de nuit, coursier ! enquêteur pour les services municipaux !

Que pensez-vous du stationnement dans votre quartier !

En plein centre ville ! trois pages pour répondre à ça !

Moniteurs de colonies de vacances et centres aérés, surveillant de cantine !

Ma mère et mon père avaient des revenus qui dépassaient le plafond ! qui crevaient le plafond !

Vous vous rendez compte ! mon père était prolo, ma mère ! instit' ! quatre mômes à la maison !

Aujourd'hui, je ferais de la pédale pour Uber ! avec le phone sur le guidon ! et la coquille dans l'dos !

Attention ! passage d'escargots surbookés !

VIE PROFESSIONNELLE

Photographie Pierre Belleney, Chapitre X, Vie professionnelle

- Pierre Belleney, en dehors de votre activité d’écrivain, est-ce que vous travaillez ou est-ce que vous avez travaillé?

- Oui... j'ai travaillé.

- Quelle était votre profession ?

- J'ai pratiqué la peinture sur et sous verre... je vendais tout cela sur des marchés, des expositions artisanales, des salons spécialisés, dans des boutiques, des galeries ; j'ai aussi utilisé des cuirs, des perles de verre, des perles peintes... je n'arrive pas à voir toute chose comme elle doit être vue! J'adore détourner... sauf le regard... bien que cela m'arrive... tout de même... souvent... je le regrette... c'est comme une part de fierté qui se défile... un abandon... à la volonté du plus fort.

- Pierre Belleney, avez-vous eu d’autres activités professionnelles ?

- Oui... comme je l'ai évoqué... j'ai été webmestre.

- Avez-vous déjà arrêté de travailler pour vous consacrer à votre activité littéraire ?

- Non.

- Avez-vous d'autres sources de revenus ?

- Huit cents euros de retraite par mois!

- Est-ce que vos activités artisanales vous laissaient du temps pour l’écriture ?

- Je ne me posais pas... je ne me pose pas la question de cette manière...

J'ai un besoin vital d'écrire qui s'éteint et s'allume régulièrement.

Avec le temps, je me suis alors plutôt dit... mais comment est-il possible que mon activité d'écriture puisse, à ce point, me déconnecter totalement du quotidien?

- Est-ce que vous voyez et vivez votre quotidien comme complémentaire, compatible avec l’activité d’écriture ?

- Complémentaire... c'est clair... il est vital d'aller... je vais être poli... aux toilettes... c'est plus court que là où le roi va seul! Je ne suis pas un habitué de Versailles!

Compatible... certainement... j'ai une petite étagère à livres... une fois assis sur mon trône, je me plonge dans Le Rouge. J'attends que les voyants passent au vert pour retourner sur terre.

- Pierre Belleney, est-ce que vous aspirez ou avez déjà aspiré à vivre de votre plume ?

- Vous répondre non serait totalement mensonger... Je déteste le mensonge! Je déteste que l'on me mente... et j'essaie de ne mentir que le plus rarement possible... Je m'arrange avec moi-même... mais je crois, qu'au final, il n'y a pas d'autre solution que la vérité.

J'aimerais ajouter, à ce sujet, que le non-dit n'est, ni mensonge, ni arrangement...

#MeToo!

Non... je ne peux pas dire Ça... le raconter... c'est ainsi qu'il m'aura fallu plus d'un demi-siècle pour le «dire», ce «Ça», que, enfant, j'ai été violé!

- Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

- Oui... quand je ne peux plus dormir tant le récit m'envahit... vous avez remarqué... le patient, patiente; le récitant, récite... le récitatif; ainsi, me voici incité à réciter... à dérouler le récit.

- Écrivez-vous régulièrement ou pas vraiment ?

- Je crois que la période où j'ai le moins écrit fut lorsque je me déplaçais souvent, pour les marchés, les expos et tout ça!

- Pierre Belleney, en dehors de cette période, vous est-il déjà arrivé de rester longtemps sans écrire ?

- Non.

- Trouvez-vous que vous manquez de temps pour écrire ?

- Non. Ce n'est pas une question de temps; dans notre société, le temps renvoie toujours à l'argent... je ne vais pas vous le traduire en anglais... je préfère la poésie de Leonard Cohen... mais je serais incapable de vous la traduire correctement!

- Où écrivez-vous ? Avez-vous un espace pour écrire ?

- Actuellement, je n'écris plus que depuis mon ordinateur; j'ai un espace pour le faire; une table en verre et métal... l'obsession du verre! de la transparence... mais j'ai pris l'habitude, depuis l'enfance, la famille était nombreuse! d'arriver à considérer que tout espace est modulable...

Je dormais, avec mon frère... sur un canapé de salon, un clic-clac amélioré.

Dans la journée, cette pièce était un bureau, une bibliothèque, une salle de piano! Il fallait follement gérer le planning!

Alors... vous voyez, quand l'ordi n'est pas vautré sur la table, j'ai le droit de manger!

Il fait son chat! Mais c'est tout de même moi qui commande la souris! Et hop! Clic!

VIE CONJUGALE

Photographie Pierre Belleney, Chapitre XI, Vie conjugale

- Pierre Belleney, vivez-vous ou avez-vous vécu en couple ?

- Oui et non; actuellement, je suis célibataire... retraité... inapte au travail... locataire... avec un crabe domestiqué à la niche... le profil de rêve! Et je ne vous dis pas tout! Ce serait hors sujet! Nous sommes en plein mois d'Août! Parlons léger...

Kiwi... je n'ai guère cessé de vivre en couple à partir de l'âge de vingt ans... il y en a eu quelques-uns... tout de même... dont un qui dura trente ans... c'est particulier...

- Comment avez-vous rencontré votre dernier conjoint ?

- Au cruising! Vous savez... ces établissements participent pleinement à la relative bonne santé de l'institution du Mariage! Vous y tâtez le terrain! Vous vous y remettez... en couple! de la routine des ébats à domicile!

- Êtes-vous ou avez-vous été marié ?

- Jamais... obliger des hommes et des femmes à supporter, durant des années, une telle lassitude sexuelle est criminel... et totalement effrayant!

En tout cas... de nature à engendrer de multiples violences... car seule, la plénitude sexuelle mène au repos de l'être... vous savez... là... excusez-moi... je suis lourd... de gros chagrins... je suis chimiquement maintenu en état d'abstinence! À cause de ce crabe!

Mais je ne change pas d'avis en ce qui concerne le mariage et tout ce que Reich a pu écrire sur une révolution sexuelle qui n'a pas encore eu lieu!

Une révolution qui n'abolit pas le mariage, la propriété et la famille n'est pas une révolution sérieuse!

Je ne vais pas me faire des ami.e.s en disant cela... je sais... mais je suis toujours prêt à en discuter.

- Pierre Belleney, pourriez-vous nous parler des relations que vous avez pu avoir avec vos conjoint.e.s, leurs professions, s'ils ou elles s’intéressaient à la littérature ou à l’art plus généralement ? S'ils ou elles avaient une activité artistique ?

- Je vais essayer de me rappeler tout cela... alors... leurs professions... généralement, plutôt artistiques, la mode, le design, la communication, une psychologue, plus un... qui est, au fond de lui, un peu tout cela en même temps... même s'il s'acharne autant que possible à repousser l'artiste qui cauchemarde en lui...

Je crois que toutes et tous sont un peu comme cela en même temps, avec des variantes musique, pas musique ou juste un minimum... lecture ou pas lecture ou juste un minimum... en tout cas... toujours... complices... et enfantins... pas en permanence... mais ces moments-là sont ceux que je retiens quand je me plonge dans ces souvenirs... vous savez... dire ceci... c'est aussi préciser que nous avions des enfances et des adolescences un peu compliquées à assumer! sans oublier... causalement... des vies conjugales qui n'étaient guère plus simples!

- Pierre Belleney, est-ce que vos conjoint.e.s constituent pour vous un soutien ou plutôt une barrière ?

- Je ne peux que répondre oui dans les deux cas. Tout dépend du moment... ce fameux ici... et maintenant.

- Si le/la conjoint.e est aussi auteur.e, journaliste ou artiste, pensez-vous que cela constitue pour vous un atout ?

- J'ai vécu intensément cette relation de binôme professionnel artistique durant trente ans. Je pense, mais, elle seule, cette compagne, pourrait donner sa réponse, en complément de la mienne.

Pour ma part, un atout... je ne dirais pas... je n'apprécie pas le vocable... atout Pique! Dame se tient à Carreau!

Je crois que nous avions une sorte d'organisation qui, au moins durant les meilleures années de notre vie commune, était bâtie sur une sorte de complémentarité non définitive!

- Pierre Belleney, avez-vous des enfants ?

- Oui... deux garçons, jumeaux, et une fille.

- Pierre Belleney, pensez-vous que le fait d’avoir eu des enfants a influé sur votre activité littéraire ?

- Oui.

- De quelle manière ?

- Leur langage, par exemple, m'influence... toujours... énormément même! les musiques qu'ils écoutent... les discussions que j'ai avec eux, leurs expériences avec le marché! de l'emploi! La manière avec laquelle ils abordent l'informatique!

Tout cela finit toujours par se retrouver dans mes écrits.

Dans Le Miroir, par exemple, toutes les premières scènes entre un père et sa fille, autour d'un ordi! Ce ne sont pas des souvenirs! Ma fille pourrait le confirmer! Mais c'est clair... elle rôde tout de même pas mal dans les parages! Elle fait sa petite souris! dans un coin! Et toujours... ce gros chat d'ordi, vautré partout! Les chats sont sans gêne avec tout le monde; mais j'adore les chats! Et déteste les chiens! Voilà mon profil sérieusement complété!

- Pierre Belleney, je vous pose la question de l’éducation des enfants ?

- Bien sûr... ma mère m'a appris à ouvrir un bouquin... mon père, à faire la vaisselle! C'était comme ça à la maison... c'est lui qui faisait la vaisselle du soir.

Mon père ne voulait pas que nous roulions les mécaniques! Encore moins que nous en faisions!

Il était quasi convaincu que je serais Président de la République! En tout cas... il en rêvait.

C'est ce qu'il disait quand il était de bonne humeur, pendant un repas de famille. Vers le dessert...

À partir du moment où je suis allé au lycée... et que je lui parlais de Trotsky... mon prof d'histoire était trotskyste... et juif... et alsacien... là... mon père ne me voyait plus président!

Avec raison... ce n'est pas prévu dans un système communiste qui se respecte.

J'ai essayé de lui expliquer! Mais il avait été nourri – pourri - par Pétain et de Gaulle! Et le chanoine Joseph Belleney!

- Vous venez d'évoquer comment vous en êtes venu à faire la vaisselle... et les autres tâches ménagères ?

- Ma mère a eu plusieurs femmes de ménage ou nounous, ou les deux à la fois... elle a eu jusqu'à quarante mômes! dans sa classe primaire! qui avaient l'espagnol ou le portugais comme langues maternelles! qui vivaient pas drôles à la maison, pas drôles du tout les mômes! J'ai connu la moitié d'une fratrie... quatre mômes d'un coup! morts! dans un accident de bagnole! Une fin de fête dans les délires de l'alcool! Les parents étaient, est-ce utile de le préciser? tous deux alcooliques!

Ce n'est pas facile... la vie de famille prolétaire! Dure la vie! Pas toujours très belle.

J'ai eu de la chance... ma compagne, elle aurait pu être enseignante... elle a choisi d'être artiste! Nous n'avions donc pas de femmes de ménage!

Longtemps nous avons fait pas mal de ces tâches quotidiennes ensemble ou indifféremment... mais, après, avec les trois enfants... il a fallu voir ça autrement... et ça voulait dire une répartition des tâches!

L'extérieur... monsieur! L'intérieur... madame! Le schéma structuraliste bien connu!

Nous y sommes tombés à pieds joints! Et ce cher Wilhelm Reich! n'a pas fait beaucoup mieux! Il s'est remarié un certain nombre de fois! Il n'y a que les irréfléchis qui pourraient le lui reprocher!

Le Mariage... le concubinage! La vie maritale! Dès que l’État, Vatican compris, s'en mêle... c'est fichu!

Amour physique sans issue! Cuirasse et prozac! Mensonges, honte et dégradation!

- Pierre Belleney, quand vos enfants étaient en bas âge, qui s’en est occupé?

- Ma compagne et moi-même étions en permanence réquisitionné.e.s! Avec des jumeaux! Suivis d'une fille, seize mois plus tard! Mais je pense tout de même que maman a trinqué plus que papa!

- Vous utilisiez un espace de la maison pour écrire... est-ce que vous aviez l’impression que vos moments d’écriture étaient respectés par les autres membres de la famille ?

- Chez mes parents, nous vivions à six dans environ cent vingt mètres carrés sur un même niveau.

Ma compagne, mes enfants et moi-même partagions deux cent mètres carrés sur plusieurs niveaux!
Dans le Sud de la France, à une demi-heure de Montpellier!

Non... nous n'étions pas des richoux!

Ma compagne avait été un peu aidée par sa famille... qui n'était pas des richoux... la main d’œuvre? J'ai mis lamain au plâtre... je crois que cela a sacrément formaté l'un des garçons! Maintenant... il construit! des maisons bios! ou presque... je lui ai dit... fils... fais gaffe à toi... c'est plein de cochonneries tout ça! des particules de bois collés... la sciure... c'est pas bon pour tes p'tits poumons! Et la colle... tu ne sais pas ce que c'est!

Bon... Cassandre a parlé! et fin de déclaration fiscale... excusez-moi pour les possessifs devant compagne et enfants! c'est très compliqué de se débarrasser de tout cela!

... de toute cette foutue propriété!

- Pierre Belleney, avez-vous le sentiment d’être souvent interrompu quand vous écrivez ?

- Pour être souvent interrompu, il faut écrire souvent!!! ... Excusez-moi, Sarah...

- Le simple fait d'y penser vous met de mauvaise humeur...

- Oui... mais comme cela génère de l'acidité... vous comprenez... j'évite d'écrire trop souvent! Ou alors... seulement quand je suis seul!

Et je suis seul en ce moment! donc pas d'humeur! pas d'acidité! Mon crabe fait la gueule! Ça me fait plaisir de l' niquer... c'est vraiment comme ça que je... le... lui... dis! J'suis nique de mèche! pourriture!

- Et si le téléphone sonne?

- Le téléphone sonne dans le vide! je réponds par SMS... comme ça... je continue d'écrire!

Parfois... mes réponses doivent paraître déroutantes! Je suis toujours dans mon histoire! Je l'adapte à la situation! J'introduis un tag, un graff... en pièce jointe! J'en photographie énormément... quand je me balade en ville!

- Avez-vous traversé des périodes de conflits dans votre couple ?

- Vous connaissez des gens qui vous ont dit qu'ils n'avaient jamais eu de conflits dans leur couple?

- Ces conflits concernaient-ils votre activité littéraire?

- Non... jamais... je n'écrivais que quand j'étais seul dans la maison... ce n'était pas trop malin comme stratégie! Parce que, comme ça, je me privais de pas mal de choses... des enfants dans leurs délires de cabris, lâchés au lac... et d'air pur! d'oxygène! C'est fondamental pour déloger les crabes... de l'air! C'est clair! De l'air!

Mais j'y allais tout de même! Prendre l'air!

Pour voir si les garçons allaient me doubler ou pas, dans la côte! En VTT!

À ce moment-là... où nous étions souvent sur nos VTT, je n'ai pas pu m'en empêcher... excuse-moi, papa... tu vois... je m'y suis mis... à la mécanique! Les mômes... sont kamikazes en VTT...

Je me rappelle... un copain des jumeaux... il a voulu faire la course avec nous... nous étions dans un fourgon, sur un chemin de campagne, en descente. Il y a une barrière au bout de ce chemin.
Le môme nous double... se retourne tout en pédalant à fond de train! Je n'ai pas eu le temps de faire quoi que ce soit! Il s'est pris la barrière à pleine vitesse! Pas de casse! Sauf pour le vélo!

J'ai monté un atelier de vélos! Avec des mômes du village! Ceux qui voulaient bien. Je ne me rappelle pas s'il y avait des filles... mais j'oublie pas mal de choses!

J'ai été obligé de vite remettre les pendules à l'heure!

Avec les parents!

Les gros...

Ils étaient partis dans le truc... on fait bosser les mômes pour kedal!

Ils faisaient apporter à l'atelier tous les biclous du garage!

Mon père n'a jamais vu ça! Il était mort...

J'ai donné sa dernière carte de pêche aux garçons... maintenant... ils font à celui qui sortira le plus long... des silures! Hein! Des silures! Avec des queues! À traîner par terre! sur FB! Pas de censure! Avec leurs copains!

Vous voyez... je ne fais pas mieux que Reich! avec son fusil!

DE LA MÉDIUMNITÉ DU POÈTE

Photographie Pierre Belleney, Chapitre XII, De la médiumnité du poète

- Pierre Belleney, dans quel état êtes-vous quand vous écrivez ?

- Second...

- Vous voulez parler d'un état de transe... quelque chose qui aurait un rapport au spirituel?

- exactement... un conteur... devant une assemblée... la parole est dans l'eau, la parole est dans le puits. J'avais soif, j'ai bu l'eau du puits. Un conte s'est échappé de l'eau.

L'heure est grave...

Un membre de la tribu est très malade...

Il faut que de l'énergie passe...

Dans Gustave Le Rouge... je le lis beaucoup en ce moment... il y a des instants fabuleux... comme... dans Le prisonnier de la planète Mars...

quand les fakirs enchaînés sont réunis... ils n'ont pas le choix! Il faut que l'engin décolle pour arriver sur Mars! Et ce sont leurs énergies réunies qui mèneront à bien l'opération.

C'est une séance d'ho-o-pono-pono... vous imaginez? Ho-o-pono-pono... ho-o-pono-pono...

Ça veut dire: remettre les choses en ordre... rétablir l'équilibre... c'est comme ça que, dans le Pacifique... engloutis par les eaux... les îliens et les îliennes, et inversement, tentent de guérir les maladies physiques et psychiques. Bon... vous voyez clairement de quoi il s'agit! Je continue.

Rimbaud l'avoue franchement... il voit une mosquée à la place d'une usine...

J'en parle dans la préface de La Ballade de la Dame des Orées.

Après... le chemin qui mène à cet état... c'est encore autre chose... qui concerne les limites, les tabous, les prohibitions... et... en face... côté business, une sacrée dose de rapacité... en tout cas, depuis que l'échange se fait avec de la monnaie... de la bonne monnaie... avec des grands coffres... des montagnes de monnaies!

Gamin, je lisais aussi le Journal, chaque jeudi... Le Journal de Mickey! Sacré Disney... même chez une instit'... il avait la porte grande ouverte.

Ma mère ne voulait pas de télé! Là-dessus... elle avait déjà tout compris!

Mais elle a fini par l'avoir... Faudrait que je lui demande comment c'est arrivé.

Avant que l'engin n'arrive dans le séjour, nous allions... les mômes... regarder la télé à l'épicerie... le jeudi après-midi... Les Aventures de Zorro!

Alors quand j'ai écouté pour la première fois Sergent Garcia, plus tard... ça m'a vraiment fait rigoler!

Je me suis fait mon film! Le sergent Garcia qui se tortille sur Long time! avec le Zorro qui lui passe sa lame sur le ventre!

Vous voyez... quand j'écris, je me fais des films... je m'éclate dans les dialogues! Et la bande son! Faut vraiment être ailleurs pour faire ça! Perché! Le regard perdu à l'horizon de la caméra...

Bon... toujours de Sergent Garcia... La Revolucion!

J'ai toujours rêvé de livrer mes bouquins avec la bande son! Sur papier... c'est l'enfer! Les droits... tout le fatras des copyrights! Je suis gaucher! Copyleft... HTML... des liens... attention... YouTube n'est pas sans droits!

Dans Google... musique libre de droit... il y a aussi un catalogue de musique libre de droit chez YouTube... mais ça ne résout pas le problème! Que maintenant... j'aurais bien voulu un petit Sergent Garcia... qu'il est bien sur YouTube... mais l'introduire dans cet entretien... reste un vrai problème.

- Pierre Belleney, vous avez une manière de voir les choses que nous dirons... militante... difficile à assumer... est-ce que vous vous censurez?

- Ma psychanalyste m'a encouragé... elle a parfaitement compris qu'il me fallait exprimer toute ma hargne, ma haine... si je voulais m'en sortir.

Elle m'a également suggéré d'adhérer à des assos! Vous savez... j'ai fait ça une bonne partie de ma vie... les assos!

J'ai même fini par être Président! Vous voyez les contradictions! Du n'importe quoi! Je n'y suis pas resté longtemps... j'ai remis ma démission! Je ne savais pas m'arrêter au bon moment!

M'autocensurer!

Cependant, je peux vous dire... que... malgré tout... il y a un moment où je m'autocensure... il y a des questions que je n'aborde pas... dans mes écrits publics... en tout cas... Je vous remercie de ne pas me demander qu'elles sont ces questions. C'est toujours dans le même domaine... celui qui est le plus réprimé... la sexualité... et donc... la délinquance sexuelle! Hein... Monsieur Wauquiez!

Il m'est extrêmement difficile de sortir quoi que ce soit de non révoltant à ce sujet... quoi que ce soit de non révoltant pour une personne que nous dirons normale... pour simplifier ... bien qu'il soit absolument nécessaire de définir ce qu'est la normalité! Et quel est son rôle.

J'ai été violé... c'est-à-dire... j'ai subi un rapport homosexuel sous la violence de menaces et chantages... j'avais neuf ans et demi.

Mais je suis vite passé, dans les mois qui suivirent, au rapport sexuel partagé sans violence subie d'aucune sorte. J'y prenais plaisir... j'ai même été, amoureux...

La question se pose donc de savoir en quelle mesure... le violeur m'aura influencé...

ou

comment les violences de mon paternel

auront pu me conduire

à laisser penser au violeur

qu'il avait tous les droits sur moi...

Aller jusqu'au sadomasochisme...

au plaisir que j'éprouve à prendre et à donner quelques coups de fouet, baffes et autres pincettes.

Je me défoule vraiment s'il m'est demandé de ne pas m'économiser!

C'est la droite ligne vers la délinquance sexuelle! Non?

Vous voyez! Je suis condamné... tous les trimestres, je me prends une injection d'hormono! Il a dit... Monsieur le docteur! plus de problème... plus de libido!

C'est pour ça... sincèrement... Laurent Wauquiez... il ne sait pas de quoi il parle... quand il dit qu'il faut rendre ça obligatoire... pour les délinquants sexuels! Moi... c'est juste un crabe qui me bouffe... mais ça ne change pas grand-chose à la philosophie de tels traitements!

Il y a, heureusement, des gens compétents qui ont fait la même remarque! Ha... La compétence...

Tout cela est très compliqué.

Je crois que c'est la même chose avec les victimes survivantes, et leur descendance, d'une extermination industrielle planifiée et capitaliste... ce sont des sujets ping pong! La balle passe d'un camp à l'autre avec une vitesse meurtrière infernale.

Tout ce que je viens de vous dire me fait penser à un film qui m'a beaucoup posé de problèmes... et m'en posent encore...

Portier de Nuit...

de Liliana Cavani.

Voici pour ce qu'il en est de l'autocensure.

ENGAGEMENT POLITIQUE

Photographie Pierre Belleney, Chapitre XIII, Engagement politique

- Pierre Belleney, êtes-vous affilié à un syndicat, un parti politique ?

- Non.

- Était-ce le cas par le passé ?

- Non.

- Envisagez-vous de le faire ?

- Non.

- Connaissez-vous des gens qui appartiennent à des associations, syndicats, partis politiques ?

- Oui.

- Avez-vous un engagement féministe ?

- Je pense que les questions soulevées par le féminisme... sont irrésolvables dans le cadre d'une société patriarcale... mais nous vivons, hommes... et femmes... dans une interactivité en évolution.

Nous avançons... toujours... il nous faut juste avancer... une foule qui avance... c'est énorme une foule... qui avance!

Je lutte et je me débats
je crie de douleur, de fureur et de rage
Et je pleure
Et je crispe mes poings.

C'est une chanson traduite de l'espagnol... et je vous l'ai dit... je ne suis pas doué pour les langues... même pour celles que j'aime.

- Pierre Belleney, avez-vous, avez-vous eu des féministes parmi vos ami.e.s et proches ?

- Oui... des femmes...

- Lisez-vous des écrits féministes ?

- Je ne sais pas... tout dépend de ce qu'est un écrit féministe! S'il s'agit de dénoncer toute discrimination dont la femme fait les frais... je lis des écrits féministes!

Attention! Je suis un gros provo'! L’École est finie... Love Me Baby!

J'ai lu tous les romans de Sheila! Dans Et si c'était vrai! elle écrit que son boss se moquait complètement de ses goûts artistiques, se fichait de ses envies de scène, elle était là pour se taire et exécuter les souhaits du tyran! Ce n'est pas moi qui brode! C'est elle qui le dit. Pas de sentiment! Du boulot! C'est tout ce qu'on te demande! Elle avait la sensation de ne chanter que des conneries!

Enfin... elle a l'autorisation de danser! Sheila Black Devotion... une femme blanche... trois hommes noirs... Dany, Freddy, Arthur... mini short à paillettes, longues bottes roses et foulards fuchsia noués au cou et autour d’un genou, cheveux retenus en queue-de-cheval par une ceinture, une blonde avec trois Noirs... le comble!

Le boss de Carrere Records, Claude Ayot, ne pouvait pas les saquer... ces blacks qui dansaient avec elle! Qu'il payait! Pour danser avec elle! C'était déjà bien!

Il refusait de bouffer à la même table qu'eux! Après tout... c'était des esclaves! Des singes! Je cite toujours...

Je ne sais si vous avez remarqué... mais le nom du groupe a été tronqué! Black! a complètement disparu! Sheila B Devotion! Je me suis demandé un moment ce que signifiait ce B!

Vous savez... pour moi, être féministe... c'est entendre ces paroles-là... en tout cas, c'est déjà un bon point de départ!

- Pierre Belleney, est-ce que la politique faisait partie des discussions dans votre famille ?

- Oui... apéros... desserts...

- Qui parlait politique ?

- mon père... principalement... son beau-frère... vous vous rappelez... mon oncle cantonnier! Mon grand-père maternel... après... je m'en mêlais aussi! L'un de mes cousins aussi! Que des mecs!

- Avez-vous des proches qui militent ou qui ont milité ?

- Oui.

- Pierre Belleney, pensez-vous que l’écrivain a un rôle particulier à jouer dans la société ?

- Écrire tout gras ce qui se dit tout bas... écoutez... transcrire... je suis un scribe! Plus ou moins bien éduqué... qui se fout des dictées du boss et n'écoute que des humain.e.s.

- Êtes-vous pratiquant ?

- Oui... je suis onaniste... et... j'ai beaucoup de mal à honorer mon Dieu en ce moment!

- Avez-vous déjà prié, jeûné ?

- d'amour et d'eau fraîche! J'en ai de super souvenirs! Priez? Hum.. hum... Je vous salue Marie pleine de grâce... je ne me rappelle pas la suite! Oh, Marie, je t'en prie, fais-moi un signe...Oh, oh,...

- Pierre Belleney, êtes-vous croyant ?

- Oui... je crrrrois... qu'à force d'évolution, nous allons finir par vivre notre sexualité d'une manière un peu plus humaine... de plus en plus humaine! Mais dans cette évolution... j'ai du mal à penser que nous pouvons faire l'économie d'une révolution... un changement complet... avant que les rapaces aient tout démoli! J'aimerais bien que cela se passe dans le calme... mais vous les connaissez!

Tu passes aux rouges? Matraques! Bâtons! Balles! Gaz! Deux bombes atomiques! Terminé! Ça calme les esprits! En tout cas... ceux des survivants!

Ça va être très difficile de déloger toute cette meute de gros crabes-là! Pourtant... faudra bien! Sinon... tu continues d'accepter leurs traitements... tu l'avaleras jusqu'ha la ly! ha la ly!

- Quelle place la religion tient-elle dans votre vie ?

- Trop!

- Quelle place tenait-elle chez vos parents ?

- Ni mon père, ni ma mère n'allaient régulièrement à la messe! Mais nous devions y aller! Tous les dimanches ! drôle de truc... quand même... je comprends... pendant ce temps... ils pouvaient souffler cinq minutes!

Mais... quand même... ils nous envoyaient dans un monde où nous ne pouvions pas faire grand-chose avec nos sexes... mise à part... des mômes!

D'ailleurs... beaucoup d'urologues vous le diront... la prostate... ça ne sert à rien! Sauf à faire des enfants! Faut pas chercher plus loin... quand On est religieux... le sexe! C'est la salsa du démon!

(Horreur)
(Malheur)
(Aaaah)

- Côté contraintes... modifieriez-vous votre manuscrit pour qu’il puisse paraître ?

- Tout dépend de ce qui est demandé! Sur le fond, jamais. Sur la forme... il faut d'abord bien analyser si la demande porte bien uniquement sur la forme où si, vicieusement, elle n'atteint pas aussi le fonddu fond! Vous voyez... imaginons que j'accorde partout au féminin et au masculin... et que l'On me dise que ça fait bizarre... qu'On ne comprend rien! Qu'il faut supprimer les O majuscules aux On! Oh On? Oh nOn!

Je ne veux pas qu'un KroKrodile pédant, sénile et réak, patauge dans mon cloak!

Mais qu'est-ce que je suis vilain aujourd'hui! Je me demande bien pourquoi?

Au sujet d'Annie Chancel, nom de scène... Sheila
https://www.francedimanche.fr/actualites/sheila-elle-renoue-avec-son-grand-amour
http://lobsidienne.org/leader/html/leader.html

LE CINÉMA ET LA MUSIQUE

Photographie Pierre Belleney, Chapitre XIV, Le cinéma et la musique

- Pierre Belleney, sur le catalogue du site web des Éditions de l'Obsidienne, votre e-book, Le Miroir, est présenté comme étant de genre Ciné-Roman. Avez-vous choisi vous même cette classification?

- Oui... ce genre n'est pas répertorié, tant en poétique, qu'en narratif, théâtral, épistolaire et argumentatif... le vocable cinéroman, existe... cela désigne un roman-photo tiré d’un film.

- De quel film s'agit-il?

- Le Miroir! Je me suis fait mon film!

- Les photos?

- J'adore ça... mes moyens sont très communs! L'appareil photo de mon portable... Je ne vais pas faire de pub... je ne suis pas fou, je ne mange pas de pommes industrielles! Ceci dit, je n'ai jamais commencé... parce que les photos! Ce sont les lect.rice.eur.s qui les font! Ou les lect.eur.rice.s... comme vous voulez... dans leur p'tites têtes!

Ça m'amuse beaucoup de linguistiquement déstabiliser les krokros d'îles... ceux qui se réfugient aux paradis... fiscaux!

- Pierre Belleney, vous proposez une sorte d'interactivité entre le texte et les lect.rice.eur.s? et inversement!

- Interactivité... je crois que vous avez choisi exactement le mot qui correspond le mieux à mes intentions.

- Pouvez-vous nous les préciser... ces intentions?

- Et bien... qui commence... ou aura commencé la lecture du Miroir, peut se dire...

Pfouh! que des dialogues! Mais il va où, lui! Je ne vais pas me taper une séance d'au théâtre ce soir!

... Je suis OK... il est tout à fait possible de le voir comme ça.

- Pierre Belleney, avez-vous un manuel... un schedule... à nous proposer?

- Alors... imaginons... deux copines...

Elles ont toutes les deux leur phone...

Elles se branchent sur le dialogue entre Laure et Nati...

Dans la page web du Miroir... il faut chercher le mot gouine...

Il arrive une première fois... dans la bande annonce; puis, une seconde...

Remontez un peu la page... jusqu'à...

Un petit thé? Tu veux bien?...

C'est Laure qui commence.

Qui fait Laure?

Problème réglé?

OK... à toi Nati!

La conversation à distance me paraît la plus simple pour des débutant.e.s... mais ce n'est pas certain!

Sinon... imaginons... deux copains! Vous cherchez le mot poppers! Deuxième occurrence...

Vous distribuez tout ça à votre manière! L'ordre de lecture des chapitres est indifférent... ils ne sont pas dans le bon ordre... le foutoir... de la scripte... là... c'est vrai... elle a bossé comme une folle pour que tout le monde accepte de baisser le rideau au moment où Valentine compose le code de la chambre d’hôtel! 1303 3D! Tous les navigateurs le connaissent!

Et hop! L'horreur! ça repart au début! Valentine voulait absolument que le film se termine sur son joli petit doigt qui avance vers le clavier numérique! Mais... vous savez... la scripte... elle a tenu bon! Je l'apprécie énormément...

- Pierre Belleney, pouvez-vous nous préciser pourquoi vous avez renoncé aux photos ?

- Nous sommes en plein Benazeraf! Du porno... paraît-il! Voyez Wikipédia pour les détails!

Vous me voyez pixeliser partout?

J'ai un ami FaceBook... qui est artiste peintre... Loïc Le Phoque Fringant... j'adore son pseudo!

Et bien... il a des problèmes avec la censure FBI !!! Alors... il pixelise... lui-même! À coup d'burin dans les... euh! dans les... ah... j'ai retrouvé... les testicules! J'ai le même problème avec mon urologue! Quand je lui parle des mes érections! Et bien... la plupart du temps... le premier mot qui me vient à l'esprit... c'est l'autre, Sarah!.. bande!

Oh... ce n'est juste qu'une très jolie danse! très douce! À trois temps! C'est mon rythme préféré! dans votre navigateur... mots clés... Haendel Sarabande... je crois que c'est la plus célèbre... Barry Lindon... Stanley Kubrick... ça fait un sacré coup de projo!

- (hi hi hi hi)... Pierre Belleney... vous nous proposez des jeux de rôles... c'est cela?

- Exactement... la plupart du temps... plutôt gentils! Mais attention... une sourde violence n'est jamais très loin... comme à la fin de la Sarabande de Haendel!

Bon... maintenant, vous cherchez Dmitri Shostakovich Waltz No. 2... très romantique... âmes hypersensibles s'abstenir! Parfois... j'en ai les larmes aux yeux... l'émotion musicale... c'est immense! Pour les images... fermez les yeux... Eyes... Wide... Shut...

- Aimez-vous le cinéma anglais ?

- Je ne sais pas... j'aime Losey... The Servant... les méfaits des amours ancillaires... Ken Loach... Family Life ! Les méfaits de la famille ! et bien sûr... Kubrick! qui nous interroge sur la psychologie de masse des gouvernements totalitaires.

- Pierre Belleney... allez-vous souvent au cinéma?

- Je comprends... votre question... c'est vrai! cela fait un moment que je n'y vais plus! J'y allais beaucoup avec mon amie Patricia. Elle y allait très souvent! Elle pouvait voir plusieurs fois le même film dans la même semaine! Elle m'invitait! avec l'argent de sa mère adoptive! Nous étions tous les deux sur le même terrain! Parfois... j'avais des scrupules! Mais Patricia... jamais... en tout cas... elle ne m'en faisait pas... part!

Ma mère nous emmenait voir des films d'amour... Blanche-Neige et les Sept Nains!

Tant que j'ai été étudiant, j'y suis allé également... très souvent... après... c'est devenu compliqué! Je n'avais plus de sponsor! ni donateur! ni donatrice!

C'est pour ça... je n'avais plus le choix... j'ai dû me faire des films!

- Pourriez-vous nous citer d'autres réalisateurs que vous aimez?

- Dans le désordre... comme ça vient... Antonioni, Fellini, Visconti, Pasolini, Francesco Rosi... Tarantino, Fritz Lang, Coppola, Francis et Sofia, les polards coréens... excusez-moi, je n'arrive pas à retenir les noms... la liste n'est pas exhaustive!

- Marie-Antoinette, i'm lost in translation!

- C'est pas grave Louis! Parle vrai! Le Peuple comprendra!

- Pierre Belleney... quel film vous a le plus troublé?

- C'était dans les années soixante-dix... je suis allé voir Les Filles de Ka-ma-ré... Une petite culotte pour l'été... en second titre!

D'abord... il faut que je vous dise que ce film de René Viénet passait dans un ciné un peu particulier... il était possible d'y voir des films Art et Essai ... et des pornos.

Le film de Vienet pouvait passer dans les deux salles!

Pour être totalement sincère... je craignais un peu parce que je me sentais bien d'y aller aussi pour me faire peloter les cuisses!

Alors... c'est un authentique porno asiatique... enfin... je crois... il faudrait vérifier! Quoi qu'il en soit, le trouble provient du fait que les images sont sans cesse plus ou moins recouvertes par des montagnes de sous-titrages... dans lesquels il faut arriver à comprendre... vous voyez la situation? ... que le maoïsme ne vaut pas mieux que le stalinisme!

C'est quelqu'un... René Viénet... je crois qu'il vit encore... qui avait une sacrée lucidité!

Il a été membre de l'Internationale Situationniste... vous voyez? Guy Debord? Sinon... hop! Wikipédia sait tout! Enfin... c'est comme tout... gardez le sens critique! surtout si vous lisez la page consacrée à Reich!

- Pierre Belleney, avez-vous eu... auriez-vous... envie... de réaliser un film?

- Certainement... lorsque j'étais enfant, je me rappelle parfaitement avoir tourné mon premier film, Au chat et à la souris!

J'étais à genoux au jardin... celui de mon père, en dessous des cours d'écoles... et je filmais notre gentil chat qui dépeçait sa souris et s'amusait comme un petit fou!

À partir de ce jour... je n'ai plus eu le droit de toucher la caméra... et peut-être était-ce une bonne résolution... parce que j'aurais pu me retrouver, Bordel SS! à réaliser du nazi porn! en compagnie de Brigitte Lahaie... #MeToo! nous avons le même âge! Sarko aussi... c'est cela mon problème... vous comprenez? Je n'arrive pas à résoudre la question du ai-je pu jouir de mon viol?

- Pierre Belleney... la musique a une grande importance dans votre vie... vous l'évoquez souvent dans cet entretien. Qu'auriez-vous à préciser sur cette question... de la musique... dans vos écrits?

- Oui... pas grand-chose à ajouter... sinon que, depuis aussi longtemps que je me souvienne... la musique a toujours fait partie de mon environnement... y compris intra-utérin...

Alfred Tomatis a écrit de très beaux textes à ce sujet... des impressions sonores qui éprouvent le fœtus! Les cliquetis industriels d'une chaîne de montage... de quelques centaines de machines à coudre!

J'ai eu beaucoup de chance... ma mère chantait, jouait du piano, du violon; mon père jouait du piano... à la façon d'un harmonium!

C'est là-dessus, sur un harmonium, à l'église, qu'il avait appris à utiliser un clavier!

Avec le curé du village! Sûrement! Mon père a été aussi enfant de chœur!

Et puis aussi... je ne sais s'il faut le dire... dans les jeunesses pétainistes! Je crois que, là aussi... c'était une idée du curé... c'est ce que j'en ai compris, en tout cas. Après, il se disait gaulliste!

Comme quoi... vous voyez... heureusement qu'il y a eu quand même soixante-huit! Nous y voyions un peu plus clair avec tout ça! Je suis un post-soixante-huitard!

Ma cervelle de jeune a été bourrée par des profs... peut-être... marxistes! Enfin... en tout cas... très critiques! Notre génération a eu une chance non renouvelée à ce jour!

La Dialectique peut-elle casser des briques?

Je ne m'avancerais pas à dire qu'ils étaient marxistes. Un marxiste authentique ne peut pas supporter très longtemps les blablas bourgeois qui s'expriment en permanence au sein de l’Éducation Nationale!

Et... vous avez déjà vu un marxiste accepter l'idée de Nation?

Ils ont vraiment bien fait de me virer! Parce que je me serais retrouvé dans un dilemme cornélien... Au prozac! Enfin... mûr! pour la philo! Excusez-moi... nous parlions musique?

Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout, debout
Le monde va changer de base,
Nous ne sommes rien, soyons tout.

Écoutez comme c'est beau... Stéphane Grappelli... au violon.

Pour le film de Louis Malle... Milou en mai. Vous voyez... je suis bien un héritier de Mai 68!

Je n'ai rien! enfin... si... quelques centaines de CD... mon héritage ! J'ai déjà donné tous les vinyles...

SCRIBE OU SCRIPTE?

Photographie Pierre Belleney, Chapitre XV, Scribe ou scripte ?

- Pierre Belleney...

Le métier de scripte, en anglais, script supervisor, est largement féminin, notamment en France.
C'est un métier d'observation minutieuse et d'organisation détaillée: la scripte assure la continuité des scènes et leur conformité au scénario. Elle note tous les détails du tournage. Elle doit assurer un parfait raccord entre les plans, les scènes et les séquences. Elle travaille aux côtés du réalisateur, avec une pensée constante
.

... C'est une citation de Wikipédia. Diriez-vous que vous êtes... une... scripte?

- Ouf... vous permettez... il me faut réfléchir à ce que vous venez de lire... oui... c'est bien cela... avec une pensée constante. Il faut être en capacité de ne jamais perdre le fil de l'histoire... quelles que que soient les adversités...

... et c'est bien un métier d'observation minutieuse et d'organisation détaillée... j'ai les yeux qui traînent toujours partout! À l’affût! (ça me fait penser au fusil de Reich!)... de l'air du temps! C'est ça qui me plaît avec la sociologie! Traîner son nez partout où ça pue! Il y a un vocable pour ça! Fouille-merde! Je fouine partout! Je n'oublie aucun recoin! C'est essentiel si vous voulez aller au fond des choses! Le problème... c'est que je ne suis pas trop scato!

- Passif?

- Peut-être... je n'en suis pas certain... De toute façon... c'est juste une question de gentillesse... une vraie question de gentillesse... d'une très grande douceur dans le propos... et... excusez-moi... j'ai perdu le fil! Vous m'égarez avec votre citation...

- La question était: êtes-vous une scripte?

- Oui... j'en suis intimement convaincu.e...

... et non... je n'ai pas cette capacité invraisemblable qu'une femme a de gérer tellement de choses différentes en même temps... la plupart du temps... sans péter les plombs! Vous comprenez... je n'ai pas été éduqué comme ça... un homme... faut que ça pète les plombs! Que ça gueule! Voilà... l'image de l'homme que j'ai vue... mon père... fallait pas le déranger quand il était dans son truc! Et s'il expliquait... il prenait tout en main!

Tu regardes... tu regardes... et... au bout d'un moment... tu t'aperçois que tu n'as toujours rien fait ... il a tout fait!

- Pierre Belleney... Un scribe est, au sens historique, une personne qui pratique l'écriture. Son activité consiste à écrire à la main des textes administratifs, religieux et juridiques ou des documents privés, et à en faire des copies. Il peut alors être assimilé à un copiste ou à un écrivain public.

... C'est une autre citation de Wikipédia... Vous nous avez expliqué qu'il vous semblait que votre main était guidée lorsque vous écriviez... que vous réalisiez donc une sorte d'acte de dictée, ainsi que pourrait le faire un scribe... êtes-vous un scribe?

- Je sais, par mes lectures ethnologiques, que les scribes étaient, dans certaines cultures, perçus comme des peintres... peintres en lettres... oui... c'est bien cela... je suis peintre en lettres... j'ai vu, à la Panacée, à Montpellier Contemporain - le MoCo - ... c'est un lieu qui vaut le détour... quel que soit l'avis que l'On peut avoir sur l'art contemporain... à la Panacée, donc... c'est dans une jolie rue du vieux Montpellier... la rue de l’École de Pharmacie, que vous pouvez rejoindre depuis le bas de la rue de l’Aiguillerie... ou depuis la rue de l'Université... J'y ai vu une installation de Bob And Roberta Smith ... qui sont une seule et même personne... que des lettres... de toutes tailles! De toutes couleurs! Avec des mots... des phrases... des slogans!

Je crois que les... mauvaises langues... disent qu'Adolf Hitler a été peintre en lettres! Il me semble avoir lu ça quelque part! Il faut se méfier des peintres en lettres... et encore plus... de leurs commanditaires! Surtout de leurs commanditaires! L'industrie! Les banques... et Cie!

Bob et Roberta ... ça va ... ils demandent que toutes les écoles soient des écoles d'art!

Je suis d'accord... mais ce n'est pas avec les commanditaires que nous avons en ce moment que nous allons y arriver. Et... de toute façon! ma psychanalyste m'a dit que ce n'est pas une question d'accord! Et il n'y a rien de plus vrai... Elle a ajouté... et bien... militez!

Vous voyez... je suis un vrai... militant... judéo-chrétien... je vous lâche dans le freudo-marxisme! C'est ma façon d'assumer ma part de judaïcité... comme dit Anna, l'une de mes meilleures amies.

Nous courons à notre perte avec tous ces accapareurs qui pourrissent l'humanité! Il n'y a pas plus anti-vie que de se renfrogner sur sa propriété!

Je ne comprends pas... ils devraient déjà tous avoir un bon cancer! Avec une cuirasse pareille!

- Eh bien, chè.e.r.e.s ami.e.s , cet entretien touche à sa fin...merci, Pierre Belleney, de nous avoir fait réviser votre histoire...

- Excusez-moi... Sarah... vous me le permettez?

- Aucun problème, Pierre...

- le vocable réviser... il ne me plaît pas trop... ça me fait penser au vocable révisionnisme!

- Pierre... Belleney... auriez-vous envie d'ajouter encore quelques mots?

- Vous me suivez parfaitement...

Merci... Sarah... Bethsabee... Cohen d'avoir, avec tant de tact, de gentillesse, de douceur... , d'écoute... interrogé ainsi mon ego tourmenté...

et... un grand... un très grand merci aux Éditions de l'Obsidienne...

et... un très, très grand... un très, très grand merci... à tout.e.s les ami.e.s de la page FaceBook des Éditions de l'Obsidienne... vraiment...

- Pierre Belleney, qu'aimeriez-vous comme musique pour clore cet entretien?

- Peggy Gordon... le premier titre de l'album Sean-Nos Nua de Sinead O'Connor.

Je vous embrasse...

Photographies: Pierre Belleney

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CRÉDITS

J'ai construit cet entretien sur la base du questionnaire proposé par Abir Kréfa,
Ingénieure de recherche en sociologie (ENS Lyon) et agrégée de sciences sociales.

La quête de l’autonomie littéraire en contexte autoritaire
Grille d’entretien avec les écrivains et écrivaines


Les activités littéraires

La venue à l’écriture

La publication

Reconnaissance

Sociabilités littéraires

Thèmes des œuvres

Socialisations familiale et scolaire

Vie professionnelle et conjugale

Rapport au religieux, expériences éventuelles de militantisme et de censure.

Abir Kréfa, « Annexe 2 : grille d’entretien avec les écrivains et écrivaines », Sociologie [En ligne], N°4, vol. 4 | 2013, mis en ligne le 28 janvier 2014, consulté le 23 août 2018. URL : http://journals.openedition.org/sociologie/2044

REMERCIEMENTS

Les éditions de l'Obsidienne et moi-même remercions vivement Michel Malfilâtre pour son travail de correcteur méticuleux, respectueux du texte et attentif à nos propres choix car nous adhérons pleinement à cette idée que le langage constitue un levier puissant pour faire progresser les mentalités.

Vous pourrez par ailleurs trouver toutes informations au sujet depuis le site ecriture-inclusive.fr.

L'écriture inclusive désigne l'ensemble des attentions graphiques et syntaxiques permettant d'assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes.

Sarah Bethsabee Cohen

Animatrice de la communauté Facebook des éditions de l'Obsidienne

PLAN DE L'ENTRETIEN

Collection
Les Entretiens

n°1

Pierre Belleney
Sarah B. Cohen

Editions de l'Obsidienne
Montpellier
Août 2018

Editions de l'Obsidienne

ISBN 979-10-91874-05-2