Collection
Les Entretiens
Cahier n°5

Photographie couverture Sabine Christin,autoportrait aux confettis

Sabine Christin
Sarah B. Cohen

PREAMBULE

- Bonjour Sabine.

- Bonjour Sarah, comment vas-tu ?

- Ça va, ça va… tu sais quoi ? En venant à l’atelier j’ai trouvé trois petites formes en bois que j’ai récupérées dans une petite caisse à bouteilles de vin jetée à côté de la benne à ordures. Du joli bois contre une moche benne grise sans même une lune de Loko peinte dessus.

Street art: Loko

Mais peut-être ne connaissez-vous pas Loko ? « facétieux et discret, le graffeur à l’univers singulier offre un visage souriant à un mobilier urbain particulièrement dépourvu d’humanité : les poubelles de la ville. » Ainsi est-il présenté par Amélie Sales lors de son interview sur le site « Busk Magazine, le Hérault de la culture urbaine ». Voilà… promis, je ne vous parle plus, ni de récupération, ni de Street Art.

- Alors Sarah, montre voir ces petites formes en bois...

- Tiens, regarde… c’est tout propre, tout clean.

- Bien… alors… voilà… je commencerais bien avec celle-là. Avec l’autre, là… merci ; tu vois, je la poserais comme ça, là ; et la troisième, comme ça.

- J’en étais certaine… que tu ferais quelque chose avec… c’est pour ça, quand je les ai vues, je me suis dit qu’il fallait que je te les montre.

- Tu sais… c’est toujours comme ça avec moi. Je ne peux pas m’empêcher de faire quelque chose avec ce que trouve. Depuis toute gamine, je fais cela. J’ai cinquante-quatre ans ; eh bien il y a encore maintenant des personnes qui ont encore chez elles des petits trucs comme ça que je faisais quand j’étais gamine et que je donnais, après. Je ne suis pas attachée au matériel. Je récupérais ici ou là un caillou, du bois, d’autres petits trucs ; je faisais quelque chose avec et puis je l’offrais, là, dans la maison où je l’avais fait, à la famille, aux ami.e.s de mes parents. Avec mon père, nous étions toujours en train de tout récupérer dans la rue. Il me disait : « Tu ne peux pas créer si tu n’as pas de matériel ».

Sabine Christin L’atelier, rue Bechamp, Montpellier

L’atelier, rue Bechamp, Montpellier

Ami.e.s de la page FaceBook des Éditions de l’Obsidienne, nous sommes à Montpellier. Sarah Cohen, votre animatrice chérie, comme Sabine Christin, vivent à Montpellier. Je ne sais pas si nous sommes copines, mais en tout cas, nous avons beaucoup discuté toutes les deux et ce fut un vrai plaisir.

LA VENUE À LA PEINTURE

Photographie, chapitre I, la venue à la peinture Sabine Christin

Sabine Christin, collage, Pour ne pas se perdre, 112 x 76 cm

- Sabine Christin, avant de pratiquer le collage, avez-vous dessiné, peint ?

- Oui, depuis toujours, aussi loin que je me souvienne.

- Sur quel support ou objet avez-vous commencé à dessiner ou à peindre ?

- Sur du papier, de la terre...

- Pourquoi ces matériaux ?

- Ils étaient à ma disposition à la maison. Nous vivions, avec mes parents, dans un petit appartement, sans téléphone, sans télé, et nous n’avions ni voiture ni baignoire ! C’est dire ! Ma mère, comme mon père, sont artistes. J’avais tout ce que je voulais sous la main : des papiers, des tissus, des tas de matériaux qu’ils utilisaient eux-même.

- Pourriez-vous nous raconter comment vous avez commencé à pratiquer le collage ? d’où vous est venue cette envie ?

- Je fais des collages depuis que je suis toute petite. Je suis passionnée par le papier depuis l’âge de huit ans.

- Et vous découpiez tout cela avec vos petits ciseaux à bouts ronds ?

- Il y avait toujours des ciseaux à la maison ; ma mère dessinait des motifs pour les cravates ; les ciseaux font complètement partie de ma vie. Quand je les avais en main, que je découpais, c’était comme un moyen de ne pas être seule. Je suis fille unique. J’aurais aimé avoir des frères et des sœurs. Quand tu es enfant unique, il faut apprendre à t’occuper toute seule. Il faut toujours que je fabrique quelque chose. Je ne fuis pas ma présence ! je peux rester des jours seule dans mon atelier ; mais j’aime bien aussi la compagnie. L’atelier donne sur la rue et il y a toujours des ami.e.s, des voisin.e.s qui passent devant la porte. C’est tout de même un endroit tranquille où passent pas mal de monde avec la cathédrale en bas, le Jardin des plantes, le tram…

- Et même un cruising qui semble maintenant fermé… mais où va donc Montpellier, la deuxième ville de France gay ! Bon… je me calme.
Sabine Christin, montriez-vous vos premiers travaux artistiques, quels qu’ils soient, à votre entourage?

- Oui… vous savez, mon père connaissait pas mal de monde ! Mon père connaît tout le monde… du clochard à la star.

- Comme le petit bonhomme de l’histoire que tout le monde connaît mais qui se demande : «  mais c’est qui, à côté du petit bonhomme ? ». Quel était l'avis des personnes à qui vous montriez vos travaux?

- Emballées… Vous comprenez, je suis une hyperbricoleuse, et je n’entasse pas pour faire ; j’offre beaucoup ; je n’ai jamais ressenti de manque.

- Sabine Christin, avez-vous alors été encouragée ?

- Oui, par ma famille, mes parents, mes grands-parents, les ami.e.s de mes parents. Mon père m’emmenait chez Sennelier ; il me disait : « choisis ce que tu veux dans le matériel ».

- Découragée ?

- Non, pourquoi ?

- Faisiez-vous, des peintures, des dessins, des collages que vous ne montriez à personne ?

- Non.

- Que lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescente?

- Je ne lisais pas beaucoup car j’étais malvoyante ; ma mère me faisait la lecture.

- Quels sont les auteur.e.s que vous aimiez ?

- Dino Buzatti, Émile Zola.

- Et maintenant ?

- Les livres de spiritualité, sur les religions, de philo, de sociologie, d’ethnologie, de développement personnel.

- Ces lectures vous ont-elles influencée dans votre pratique artistique ?

- Oui. Je ne lis pas de romans ; je n’aime pas que l’on m’impose une histoire. J’aime apprendre ; je suis une exploratrice.

- Quel est votre rapport à l'écriture, la calligraphie, le texte en tant qu'élément du collage ?

- Un clin d’œil discret au milieu de certains collages.

- Avez-vous eu parfois envie de calligraphier, peindre, dessiner, coller des « signes » dans une langue non répertoriée qui vous serait propre ou qui vous serait spirituellement transmise?

- Non.

- Vos collages, comportent-ils des éléments écrits ou/et calligraphiés explicites, des « messages »?

- Oui, parfois.

- Avez-vous abordé d'autres moyens d'expression écrite comme un roman, un essai, des poèmes?

- Oui, j’écris des poèmes. Tenez… vous voyez… si vous voulez le lire, je vous offre celui-ci, Terre blessée.

Eclipse totale du soleil,
par une lune noire criminelle,
Jusqu’à l’ère du verseau
déverse sur la terre des sots,
de grandes larmes sanglantes
au goût amer de haine.
Et quand finira le massacre,
la terre brûlée par vengeance innée,
nous renverra des signaux,
comme un miroir des temps passés,
recrachant par fulgurance
toute cette animosité
si longtemps accumulée
par perversité égoïste.
Facilité acquise par des siècles
de bêtises aveugles déiste,
tout étant dans tout
dans une unité parfaite
et le mal sans fin
ronge la terre.
Pour faire ressortir enfin,
ce joyau qu’est la conscience humaine.

Intermède

Sabine Christin, collage, Abstraction de reflet de bateau, 20 x 20 cm

Sabine Christin,
collage, Abstraction de reflet de bateau, 20 x 20 cm

- Je vous remercie Sabine… J’aime beaucoup Terre blessée ; j’ai enfin trouvé le mot que je voulais employer pour le qualifier : c’est une incantation.

« Le magicien ou le chamane prononce des paroles magiques qui vont l'aider à transgresser les lois de la réalité. Dans le chamanisme, les incantations font souvent référence à la mythologie. »

Je vous cite l’article « Incantation » de Wikipédia.

À Montpellier, nous savons tous et toutes cela, ce qu’est le chamanisme ! Sarah B. Cohen est née au public, à l’espace Dominique Bagouet, le jour où elle a écrit pour la première fois son nom sur une peinture de Yann Dumoget. C’est magique. J’en étais très contente ; j’en suis très contente de pouvoir ainsi signer mon acte de naissance. C’est sûrement un peu narcissique, comme FaceBook, mais un ou une gentil.le animatrice de communauté Facebook, c’est comme une sorte de chamane... Même si, par ailleurs, il reste encore beaucoup de choses à dire sur le chamanisme, à Montpellier comme ailleurs.

Sabine Christin, grande sculpture couple bois flottés

Sabine Christin, avez-vous pratiqué ou pratiquez-vous des disciplines en arts plastiques autres que le dessin, la peinture, le collage ?

- Oui, la sculpture et la création de bijoux et de vêtements, tous en pièces uniques.

- J’aime beaucoup les petites que j’ai vues ici où là dans l’atelier.

- Je vous laisse une photo, pour l’entretien. C’est une grande sculpture réalisée à partir de bois flottés… un couple… Vous voyez, elle est beaucoup plus grande que moi.

- Quelle importance accordez-vous à cet autre domaine de votre créativité ?

- La troisième dimension, c’est un complément important. Vous savez, dans les collages, je travaille beaucoup avec le volume. Le volume, c’est ne pas accepter des coups de feutre ˗ s’il me faut tracer une ligne, je le fais avec du papier ˗ et ainsi repousser, aussi loin que possible, les limites de la netteté.

- Envisagez-vous d’exposer vos sculptures hors de votre activité connue d’artiste collagiste ?

- Oui, je le fais déjà.

- Cette expression « artiste collagiste » vous paraît-elle adaptée à votre pratique ?

- Oui et non ; non, parce que cela fait d’abord penser aux découpages de magazines et mon travail n’est pas cela ; oui, parce que le mot « collagiste » est simple à comprendre. Le collage, c’est progressivement « charger le bateau » ˗ ces bandes de papier qui se superposent ˗ et puis le bateau apporte toute cette charge dans un autre port, j’apporte cette charge aux autres. C’est aussi pour cela que j’ai travaillé sur ce thème des ports, avec leurs bateaux, leurs mats, pour garder le nord. Les hommes adorent avoir de gros bateaux avec des gros mats, n’est-ce pas ?

- Hi hi hi hi ! Merci Sabine. Vous savez, à l’Obsidienne, nous aimons bien cela… enfin, je voulais dire, nous aimons bien connaître l’avis des femmes au sujet des hommes.

- J’aurais pu aussi vous dire qu’il n’y a pas de canne sans sulfure !

- Je ne connaissais pas l’expression ; mais c’est certain ; sans canne, pas la peine de souffler ; rien ne gonfle ; ces verriers, ils ont une manière de voir les choses ! Mais vous savez, c’est un art auquel les femmes ne sont arrivées que très récemment. Et, depuis qu’elles y sont arrivées, regardez bien autour de vous, il y en a de plus en plus, des verrières. Par exemple, à Montpellier, à l’Ateliées ˗ au féminin pluriel parce que la plupart des membres sont des femmes solidaires ˗ j’ai rencontré Carole Akdogan. J’adore le verre… enfin, je simplifie… comme toujours sur FaceBook. Mais je pourrais vous en raconter des pages, sur le verre ; la terre aussi ; mais je connais mieux le verre ; je m’en souviendrai de cette histoire de canne et de sulfure… du souffle et de la vie.

Stage de verre soufflé, site wikihow

Photographie : site wikiHow Licence Creative Commons

L'EXPOSITION - L'EXHIBITION

- Sabine Christin, avant votre première exposition, connaissiez-vous d’autres artistes plasticien.ne.s, des galeristes ?

- Oui, beaucoup. Ceux et celles que je ne comprends pas et que je n’ai pas envie de comprendre ; ceux et celles qui font un travail agréable et honnête : rien à dire ; ceux et celles qui font un travail très intéressant mais que je n’aime pas forcément.

- Vous connaissez bien votre monde, Sabine… Comment vous est venue l’idée de vous exposer?

- Je ne me rappelle plus.

- Qu’est-ce qui vous a poussé à exposer ?

- On me l’a demandé.

- Vous savez, Sabine, je suis toujours un peu gênée par le « on ». J’ai aussi lu des livres de sociologie… vous savez, la rumeur… On dit tout et n’importe quoi.

- Je comprends, Sarah. Je voulais dire, des galeristes, des municipalités, des ami.e.s ; mon père expose également depuis des années.

- Oui, d’une certaine manière, la question ne se pose pas. Pierre Bourdieu parle d’héritage. Une chienne ne fait pas des chats. C’est comme Charlotte, Jane et Serge. Cela excite les jalousies… c’est vrai, ce n’est pas très humain quand c’est une histoire de capital, de propriété, mais rien ne peut empêcher que des parents favorisent la venue de leurs enfants à une activité qu’eux-mêmes exercent et qu’ils connaissent parfaitement bien. C’est le mécanisme même de la reproduction sociale. Il n’est pas automatique mais il fonctionne plutôt bien… pour le meilleur et pour le pire...

Pierre Christin, Galerie Michido, Tokyo, Paris

Pierre Christin, Galerie Michido, Tokyo, Paris

Sabine Christin, combien de temps s’est-il écoulé entre le moment où vous avez eu suffisamment d’œuvres prêtes et le moment où vous avez décidé de faire des démarches pour exposer une première fois ?

- Aucune idée ; c’était concomitant.

- Pourriez-vous évoquer votre toute première exposition?

- Oui, c’était dans une usine désaffectée, à Paris.

- En gardez-vous de bons souvenirs ?

- C’était génial et il y avait beaucoup de monde.

- Est-ce que, quand vous abordez une nouvelle œuvre, vous avez déjà en tête l’idée d'exposer ?

- Ce n’est pas l’idée première.

- Est-ce que vous trouvez que l'exposition est une étape importante ? Nécessaire ? Ou pas ?

- Montrer son travail est important et nécessaire. Cela permet une mise à distance.

- Vous rappelez-vous votre sentiment lors de votre première exposition?

- Heureuse et satisfaite d’avoir été au bout de mon idée et de l’histoire explorée.

- Aviez-vous une idée précise du type de lieu dans lequel vous souhaitiez exposer ?

- Non.

- Au moment de votre première exposition, avez-vous eu l’occasion d’en parler publiquement ?

- Non.

- Comment votre exposition a-t-elle été commentée dans les médias ?

- Je ne sais plus ; j’avais vingt ans.

- Et pour les expositions suivantes ?

- Oui, j’ai eu des articles dans les journaux.

- Depuis que vous avez commencé votre activité artistique, avez-vous bénéficié du soutien d’une institution, d’un club, d'une subvention, d'une quelconque aide matérielle ?

- Non.

- Connaissiez-vous des éditeurs, éditrices, des auteur.e.s ou toute personne qui travaillait dans le monde du livre et de la communication écrite ?

- Oui.

Sabine Christin, collage, éclaircie en vue, 80 x 40 cm

Sabine Christin, collage, éclaircie en vue, 80 x 40 cm

- Avez-vous proposé vos travaux à des revues ?

- Non.

- Comptez-vous proposer vos prochains travaux à des éditeurs ?

- Je ne sais pas encore ; ce n’est pas prévu ; cela dépend des rencontres.

- Avez-vous utilisé un pseudonyme d'artiste ?

- Non.

- Sabine Christin, exposition ? exhibition ? que diriez-vous de cette rencontre entre les deux vocables français et anglais ?

- L’exposition, c’est sortir de soi, le reste suit. Les deux expressions me semblent justes et cela n’est pas forcément érotique...

Sabine Christin, collage, Sapins dans la brume, 80 x 60 cm

Sabine Christin, collage, Sapins dans la brume, 80 x 60 cm

LA RECONNAISSANCE

- Sabine Christin, avez-vous participé à des concours d'arts plastiques ?

- Oui.

- Avez-vous reçu des prix ?

- Oui, le deuxième prix de la triennale du paper art du musée de Charmey, en Suisse et le premier prix du salon international de Paris Belleville.

- Avez-vous eu l’occasion d’être invitée en tant qu'artiste peintre à l’étranger ?

- Oui, en Suisse, pour cette triennale.

- Certains de vos collages, ont-ils été intégrés à des collections privées médiatisées, dans des musées et autres lieux culturels publics ?

- Oui ; le musée de Charmey a acheté le travail qui m’a valu le deuxième prix ; j’ai aussi un travail au Musée des Granges de Servette, c’est en Haute-Savoie, sur la rive française du Lac Léman et un autre au musée Marcel Wibault ˗ peintres de Haute Montagne.

- Vous avez travaillé ce thème de la montagne dans une série de collages. Lorsque je l’ai regardée, je me suis sentie mal à l’aise, comme si j’étais vraiment dans cette montagne toute blanche et vertigineuse, froide. Vous savez, Sabine, j’ai peur du vide.

- La montagne m’angoisse. Comme à l’habitude, j’y suis allée en exploratrice, explorer mon angoisse, l’angoisse du vide, du rien ; tu tombes ; l’angoisse du blanc, le blanc de la clinique, du froid dans une salle de clinique.

Avec la série des ports, j’ai exploré mon angoisse du bateau, de l’eau… en immersion dans les trois dimensions du collage, de la falaise verticale aux profondeurs du vide.

J’apprivoise mes peurs.

- Sabine Christin, gagnez-vous de l’argent avec votre activité ou vous coûte-t-elle plus qu’elle ne vous rapporte ?

- Oui, je gagne ma vie, à peu près l’équivalent d’un smic.

Sabine Christin

SOCIABILITÉS ARTISTIQUES

- Sabine Christin, vous avez des amies, des amis artistes ; plutôt des hommes ?ou des femmes ?

- Oui, hommes et femmes.

- Faites-vous partie d’un cercle, d’une association d’artistes ?

- Oui, de l’association Les Briscarts, le parcours d’ateliers d’artistes, à Montpellier. Quand l’ancien bureau a été out, tout le monde m’a regardée ; avec Aurélie Salvaing, comme secrétaire, nous étions les élues de tous les regards. Aurélie est peintre collagiste. La présidente est l’architecte graveur Caroline Rochette.

- Tiens, que des femmes au bureau ; et vous Sabine Christin quel y est votre rôle ?

- J’en suis la trésorière.

- Est-ce que le fait de faire partie d’un tel regroupement vous aide à vous donner une visibilité, à mieux faire la promotion de votre activité, à avoir accès à des fonds, à participer à des événements publics ?

- Oui ; par ma participation au parcours d’ateliers.

- Est-ce que vous avez déjà initié un ou des événements publics, des conférences, des colloques, des expositions ?

- Oui, Golf Artup, à Évian-les-Bains, qui est une exposition de peintures et de sculptures, organisée par trois galeries : Ô de Cristina Da Silva à Évian, Marc Devaux à Montpellier et Izartea à Bayonne.

- Avez-vous des ami.e.s non-artistes ?

- Oui, j’ai beaucoup d’ami.e.s non-artistes.

- Quand et comment les avez-vous rencontré.e.s ?

- Durant mon enfance, certain.e.s furent mes voisin.e.s à Paris, Toulouse, Évian et Montpellier. J’en ai rencontré durant des fêtes.

- Quand et comment les voyez-vous ?

- Beaucoup passent me voir à l’atelier ou à la maison ; sinon, nous nous invitons.

- Est-ce que vous pouvez discuter avec ces am.i.e.s de vos travaux artistiques ?

- Peu. Chez mes parents, vous savez, j’ai commencé à parler d’art très tôt ; nous parlions toujours d’art ; nous avions notre façon d’en parler. Il m’est difficile de parler d’art avec mes ami.e.s.

Sabine Christin, collages

Sabine Christin, collage, Sapins dans la brume, 80 x 60 cm

THÈMES ET STYLES DES ŒUVRES

- Sabine Christin, pouvez-vous nous parler des thèmes que vous aimez aborder dans vos collages?

- Ainsi que je l’ai dit quand nous parlions de la montagne et de la peur du vide, les thèmes sont des prétextes à dépasser cette peur ou pour apprivoiser la structure des choses.

- Vos collages sont-ils d’un style particulier, se rattachent-ils à un mouvement artistique ?

- Non ; je vais en inventer un, « le laboratoire papier » parce que j’explore le papier, j’expérimente le papier, dans ses possibilités de découpages, de déchirages, de superpositions, de transparence des couleurs ; le papier de soie.

- Vous sentez-vous influencée par les travaux d’artistes ayant une renommée établie sur le marché et/ou dans l’histoire de l’art ?

- Hopper peut-être, Monet sûrement, Matisse, Bonnard.

- Vos collages se passent-ils parfois à une époque et/ou dans un lieu particulier ?

- C’est toujours actuel et intemporel, en même temps, dans des lieux où je suis passée.

- Avez-vous réalisé des œuvres pour témoigner de quelque chose en particulier ?

- Je ne fais pas un travail de dénonciation de problématiques. Je fais un travail de construction mentale pour structurer la pensée du regardant comme une taille de diamant. Je cherche à créer dans le chaos ambiant une onde de forme structurante et apaisante.

SOCIALISATION FAMILIALE

- Sabine Christin, où êtes-vous née ?

- à Paris 10ème.

- Où avez-vous vécu ?

- Entre Paris et Évian-les-Bains, puis Toulouse ; maintenant, cela fait vingt ans que je vis à Montpellier.

- Est-ce que vous pouvez nous parler de votre enfance, de vos parents ?

- Je suis fille unique née de parents artistes. Tous les week-ends je me rendais chez ma grand-mère maternelle, à la campagne. Elle était très aimante. Mon grand-père était invalide de la seconde guerre mondiale.

Avec mon père, nous nous amusons tous les deux, nous jouons. Mon père est un copain de jeu, un frère. Cela exaspère un peu ma mère qui doit gérer avec les amusements de ces deux grands enfants !

Mon grand-père paternel avait les yeux qui riaient. Il était un grand sage très amusant, un « original ». J’avais beaucoup d’amour pour lui. Son enterrement a été le plus gai de ma vie.

- Quelle place l'art, les métiers artistiques occupaient-ils chez vos parents ?

- La première place ; mon père est peintre.

- Vos parents avaient-ils, ont-ils des œuvres d'art chez eux ?

- Oui, beaucoup.

- Vos parents, s’intéressaient-ils à vos travaux artistiques?

- Oui, beaucoup.

- Aviez-vous peur que le fait que vous soyez une « artiste » soit mal perçu par votre famille ?

- Non.

- Vous a-t-on encouragée à peindre ?

- J’ai été encouragée par tout le monde.

- Vos parents s’intéressaient-ils à vos travaux scolaires ? Lesquels ?

- Oui, principalement ma mère qui m’aidait pour la lecture ; j’ai été malvoyante jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans.

Pierre et Sabine Christin

Pierre et Sabine Christin

- Sabine Christin, connaissiez-vous, dans votre entourage familial, des artistes peintres, des artistes, quel que soit leur champ d'activité ?

- Oui, beaucoup.

- Si oui, quelle relation aviez-vous avec ces personnes ?

- Nous étions ami.e.s.

-Que faisiez-vous de votre temps libre ?

- Du bricolage, de la peinture, de la sculpture et de la céramique.

- La première fois que je suis entrée dans la galerie Marc Devaux, je ne savais pas encore qui vous étiez ; nous avons parlé de décoration, de la décoration de la galerie que vous aviez réalisée et que j’ai tout de suite aimée parce qu’une impression d’accueil chaleureux s’en dégage. Cela m’a laissé la même impression que celle que j’ai pu éprouver dans les maisons en Autriche.

Sabine Christin, hors du milieu artistique, aviez-vous plutôt des ami.e.s garçons ou filles ?

- Des garçons ; mais j’avais aussi une grande amie.

SOCIALISATION SCOLAIRE

- Sabine Christin, pouvez-vous nous raconter votre parcours scolaire et vos choix d'études ?

- J’étais plutôt une très bonne élève et j’ai fait terminale C.

- Y avait-il des disciplines que vous préfériez aux autres?

- Oui ; les maths et la physique.

- Et celles que vous n’aimiez pas du tout ?

- L’histoire et la géo !

- Au lycée, quelles relations aviez-vous avec vos enseignant.e.s ?

- Très bonnes.

- Aux Beaux-Arts, quelles étaient vos relations avec vos enseignant.e.s ?

- J’étais dans l’atelier de M. Clément aux Beaux-Arts de Paris mais j’allais tout le temps en anatomie.

- Aux Beaux-Arts, quels sont les domaines, exercices que vous préfériez ?

- Apprendre le corps humain et regarder les autres travailler. J’adorais aller d’un atelier à l’autre.

- Avez-vous obtenu des prix de fin d’année quand vous étiez à l’école, au lycée ?

- Non.

- Avez-vous participé à des concours de dessin quand vous étiez à l’école, au lycée ?

- Non.

- Avez-vous participé à des concours quand vous étiez aux Beaux-Arts ?

- Non.

- Y avait-il une revue au lycée ? aux Beaux-Arts ?

- Non.

- Avez-vous obtenu une bourse pour vos études ?

- Non.

Sabine Christin dans son atelier

VIE PROFESSIONNELLE

- Sabine Christin, en dehors de votre activité professionnelle artistique, est-ce que vous avez travaillé dans d'autres domaines ?

- Oui, aux cuisines, dans un restaurant. Dans son « Dictionnaire incomplet des collagistes contemporains », Pierre Jean Varet remarque que tous les collagistes français.es sont de bons cuisiniers. Pour réaliser un collage, il faut préparer, juxtaposer les couleurs dans l’assiette. Il faut bien avoir en tête l’ordre de montage.

- Oui, je comprends ; c’est ainsi que les peintres sous verre procèdent ; mais les collagistes superposent les couches de l’arrière vers l’avant et les peintres sous verre de l’avant vers l’arrière. Des feuilles d’or ou d’autres métaux précieux peuvent y être incluses, gravées, déchirées, pour ce qu’il en est de la peinture sous verre contemporaine. Il faut être bien organisé pour parvenir au résultat souhaité. J’ai pu voir également des verreries dont les parois intérieures étaient recouvertes de collages papier.

Sabine Christin, avez-vous arrêté votre activité professionnelle pour vous consacrer totalement à votre activité artistique ?

- Oui ; cela fait dix ans que je me consacre uniquement à mon activité artistique.

- Avez-vous des sources de revenus hormis ceux de votre activité artistique ?

- Oui ; celles de mon compagnon.

- Aspirez-vous à vivre uniquement de votre activité artistique ?

- Oui.

- Y a-t-il des moments précis où vous entrez en activité créative ?

- Oui ; lorsque je suis dans mon atelier, devant mon chevalet.

- Ceci arrive-t-il régulièrement ou pas vraiment ?

- Oui ; tous les jours.

- Vous est-il déjà arrivé de rester longtemps sans exercer aucune activité artistique ?

- Non.

- Trouvez-vous que vous manquez de temps pour réaliser vos travaux artistiques ?

- Non.

- Sabine Christin, où travaillez-vous ? Disposez-vous d'un ou plusieurs espaces ?

- Non ; je ne travaille que dans mon atelier.

- Réalisez-vous certains travaux, ou parties de l’élaboration de vos travaux, sur votre ordinateur?

- Je ne réalise aucun de mes travaux depuis un ordinateur ; je ne l’utilise que pour mettre mes catalogues en pages.

- Passez-vous beaucoup de temps sur votre ordinateur afin de réaliser ces travaux artistiques ?

- Non.

- Le travail sur ordinateur vous est-il agréable ou simplement un passage obligé ?

- Hors la conception des catalogues, je ne l’utilise pas dans mon travail d’artiste.

- Votre ordinateur vous sert-il à d'autres tâches liées à votre activité ?

- Oui… je l’utilise pour l’impression des photos de mes œuvres.

Marc Devaux, Galerie, Montpellier

VIE CONJUGALE

- Sabine Christin, vivez-vous ou avez-vous vécu en couple ?

- Oui.

- Comment avez-vous rencontré votre dernier conjoint ?

- Je le connais depuis toujours. Il est un ami de mes parents. J’ai toujours aimé correspondre par lettres. Un jour je me suis retrouvée sans correspondant. J’ai alors correspondu avec cet ami que je connais depuis toujours, et voilà…

- Etes-vous ou avez-vous été mariée ?

- Non.

- Pourriez-vous nous parler des relations que vous avez pu avoir avec vos conjoints, s'ils s’intéressaient à la peinture ou à l’art plus généralement ? S'ils avaient une activité artistique ? Ou une autre profession ?

- J’ai eu deux autres conjoints mais ils ne s’intéressaient pas à mes collages.

- Est-ce que vos conjoints ont constitué ou constituent pour vous un soutien ou plutôt une barrière ?

- Mon conjoint est d’un soutien irremplaçable et indispensable.

- Avez-vous des enfants ?

- Oui ; deux filles et un garçon.

- Est-ce un choix délibéré ?

- Oui.

- Sabine Christin, voici venu le temps de compléter sérieusement votre profil... préférez-vous les chien.ne.s ou les chat.te.s ?

- Les chats… et les oiseaux.

- Vos animaux de compagnie ont-ils un rôle important dans votre créativité, négatif, positif ?

- Je n’ai pas d’animal de compagnie.

- Lorsque vous êtes à l’atelier, est-ce que vous avez l’impression que ces moments de travaux sont respectés par votre conjoint ?

- Oui.

- Avez-vous traversé des périodes de conflits dans votre couple ?

- Non.

Sabine Christin, collage

Sabine Christin, collage, course ou fuite, 120 x 80 cm

DE LA MÉDIUMNITÉ DE L'ARTISTE

- Sabine Christin, dans quel état êtes-vous quand vous êtes en situation créative ? êtes-vous dans un état de transe... quelque chose qui aurait un rapport au spirituel?

- Je suis branchée sur mon canal créateur.

- Ressentez-vous, par vos collages, vos choix de couleurs, la nécessité de transmettre un message spirituel ? engagé ?

- Oui ; un message de construction mentale, de responsabilité individuelle. Le tableau apaise… l’onde de forme qui émane du tableau est une fréquence apaisante sur le spectateur. Le collage est un travail très méditatif.

- En tant qu'artiste, comment percevez-vous le street art?

- Comme un passage ; je parle du street art exposé en galeries.

- J’ai plusieurs fois eu l'occasion de rencontrer des personnes qui font vivre un véritable cauchemar à l'artiste qui vit en elles... qui ne veulent pas l'entendre ! est-ce que vous censurez cet être intérieur qui parle en vous... est-ce que vous vous censurez ?

- Non.

Sabine Christin, collage

Sabine Christin, collage

ENGAGEMENT POLITIQUE

- Sabine Christin, est-ce que la politique faisait partie des discussions dans votre famille ?

- Pas vraiment.

- Etes-vous affiliée à un syndicat, à un groupement d'artistes, un parti politique ?

- Non.

- Était-ce le cas par le passé ?

- Non.

- Envisagez-vous de le faire ?

- Non.

- Connaissez-vous des personnes, des proches, des ami.e.s qui appartiennent à des associations, syndicats, partis politiques ?

- Oui, bien sûr.

- Avez-vous, avez-vous eu des féministes et/ou des militant.e.s LGBT parmi vos ami.e.s et proches ?

- Oui.

- Avez-vous un engagement féministe, LGBT ?

- Pas particulièrement ; chacun doit pouvoir être ce qu’il veut.

- Lisez-vous des écrits féministes et/ou LGBT ?

- Trop restrictif ; j’aime la liberté.

- Pensez-vous que l’artiste a un rôle particulier à jouer dans la société ?

- L’artiste peut suggérer une orientation au monde avec ses tableaux, faire un petit don d’humanité, être plus « avec » que « contre ». Les enfermements, les cloisons, ne permettent pas l’action. Je crois en l’action personnelle. Toute action entraîne une réaction. Il faut faire attention à ce que l’on envoie dans le monde.

- Comment peut se concrétiser votre propre rôle ?

- Juste être moi-même ; j’aime la liberté.

- Sabine Christin, êtes-vous croyante ?

- Oui.

- Quelle place la religion tient-elle dans votre vie ?

- La religion, trop restrictive, n’est pas croyance.

- Quelle place tenait-elle chez vos parents ?

- Une place modérée mais présente sans toutefois être imposée.

- Sabine Christin, l'art est-il un espace dans lequel chacun.e peut devenir qui « il/elle est » ?

- Cela peut être mais sans obligation.

- Pensez-vous, qu'avec le temps, toutes ces années de pratiques artistiques, vous parvenez à trouver un repos de l'être, votre être artiste, totalement assumé, devenu ce qu'il est ?

- Oui.

- Sabine Christin, cette question est volontairement très binaire… L’épanouissement individuel améliorerait-il les rudesses de l'organisation sociale ? ou les rudesses de l'organisation sociale détérioreraient-elles l'épanouissement individuel ?

- Je ne vois pas de corrélation réelle entre les deux. Chacun est responsable de la pierre qu’il amène à l’édifice.

Galerie Marc Delvaux, rue Jean-Jacques Rousseau, Montpellier

Galerie Marc Delvaux, rue Jean-Jacques Rousseau, Montpellier

- L’expression « marché de l’art » sous-entend que l’artiste comme ses productions sont des marchandises, avez-vous des remarques à faire à ce sujet ?

- Si marchandise est égale à échange, alors oui. L’artiste offre un morceau unique d’expression négociable ; c’est bien une marchandise, particulière.

- Sabine, je vous remercie de votre clairvoyance. Œdipe ne savait pas ; mais est-on innocent parce qu’on ne sait pas ? Faut-il se crever les yeux et à jamais ne plus rien voir ? En ce moment, vous savez, je lis Kundera. C’est à cause d’Inaya, Inaya Al Ajnabi. Durant l’entretien, elle m’a donné envie de le lire.

LA VIDÉO
LE CINÉMA
LA MUSIQUE

LA MÉDIATISATION

LA PHOTOGRAPHIE

- Sabine Christin, aimez-vous aller au cinéma ?

- Cela dépend ; pas quand je travaille sur une série parce que je suis très sensible aux images ; le cinéma crée alors interférence ; il me faut rester concentrée, aller jusqu’au bout de mon sujet ; je suis dans mon exploration, dans les couleurs, la musique, le rythme des lignes verticales, par exemple, les mats des bateaux dans les ports.

- Qui sont vos réalisatrices et réalisateurs préféré.e.s ?

- Wim Wenders et Jacques Tati.

- Quel film vous a le plus troublée ?

- « Jusqu’au bout du monde » de Wim Wenders.

- Hi hi hi… vous êtes indéniablement exploratrice… des amours aventureuses. Sabine Christin, avez-vous eu, auriez-vous envie de réaliser un film, une vidéo, une animation ? L’avez-vous fait ?

- Non.

- Aimez-vous ou aimeriez-vous vous exprimer par la photographie ?

- Non. Ce n’est pour moi qu’un matériel préparatoire à mes collages mais pas une fin en tant qu’expression artistique.

- Pensez-vous qu'il y ait des connexions entre la photographie et vos travaux artistiques ?

- Oui, c’est possible.

- La musique a-t-elle une importance dans votre créativité ? Comme support à la création, comme création à part entière ou complémentaire d’images animées ?

- Non ; je ne suis pas musicale. Le son de la voix m’est très réconfortant. À l’atelier, la radio est branchée sur France Culture. Mon père écoutait toujours la radio quand il travaillait. Cela faisait comme un fond rassurant. Je suis hyperacousique. Ma tolérance aux bruits est anormalement basse. Un crayon qui tombe sur la table est pour moi comme une sorte d’explosion. Le fond sonore et rassurant de la radio couvre les bruits de la rue.

- Avez-vous déjà réalisé ou envisagé une installation qui réunirait peinture, collage, écriture, photographie, musique, vidéo ou au moins deux de ces approches ?

- Non.

- Avez-vous eu la possibilité d'investir un espace public dans le cadre d'une manifestation très médiatisée... je dirais, populaire... en dehors des réseaux habituels, des galeries et autres lieux consacrés ?

- Non.

Sabine Christin, collage

Sabine Christin, collage

- Sabine Christin, qu'aimeriez vous comme musique pour clore cet entretien ?

Ballade pour Izia Jacques Higelin.

« Ballade pour Izia » de Jacques Higelin.

LIENS

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CRÉDITS

Les entretiens de Sarah B. Cohen sont construits sur la base du questionnaire proposé par Abir Kréfa,
Ingénieure de recherche en sociologie (ENS Lyon) et agrégée de sciences sociales.

La quête de l’autonomie littéraire en contexte autoritaire
Grille d’entretien avec les écrivains et écrivaines


Les activités littéraires

La venue à l’écriture

La publication

Reconnaissance

Sociabilités littéraires

Thèmes des œuvres

Socialisations familiale et scolaire

Vie professionnelle et conjugale

Rapport au religieux, expériences éventuelles de militantisme et de censure.

Abir Kréfa, « Annexe 2 : grille d’entretien avec les écrivains et écrivaines », Sociologie [En ligne], N°4, vol. 4 | 2013, mis en ligne le 28 janvier 2014, consulté le 23 août 2018. URL : http://journals.openedition.org/sociologie/2044

REMERCIEMENTS

Les éditions de l'Obsidienne remercient vivement Michel Malfilâtre pour son travail de correcteur méticuleux, respectueux du texte et attentif à nos propres choix car nous adhérons pleinement à cette idée que le langage constitue un levier puissant pour faire progresser les mentalités.

Vous pourrez par ailleurs trouver toutes informations au sujet depuis le site ecriture-inclusive.fr.

L'écriture inclusive désigne l'ensemble des attentions graphiques et syntaxiques permettant d'assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes.

SOMMAIRE

Collection
Les Entretiens

n°5

Sabine Christin
Sarah B. Cohen

Editions de l'Obsidienne
Montpellier
Juin 2019

Editions de l'Obsidienne

ISBN 979-10-91874-10-6

Les Éditions de l'Obsidienne vous proposent un catalogue de textes en ligne au format HTML, PDF ou Epub (livres électroniques en format et lecture libre). Vous pouvez participer au frais de maintenance du site par dons envoyés sur notre compte Paypal. Nous vous remercions de votre visite.

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