A propos du ciné-roman 'Le Miroir'

Le Miroir est un ciné-roman. Un film, c’est des images et il faudrait mettre en images (dont des extraits de documentaires) au moins 70 % des dialogues.

Le Miroir est un récit fictionnel, bien qu’aucun·e écrivain·e censé·e ne soit en mesure de nier que ses écrits puisent aux sources de sa vie et de ses rencontres.

*

Toute ressemblance avec des personnes existantes est fortuite.

Des scènes violentes ou érotiques pourront choquer certaines personnes ainsi que des enfants obstinés et insomniaques qui s’aventureraient à en faire la lecture sous leur couette, à la lueur d’une lampe de poche.

Aucun animal n’y est maltraité.

Pour ceux qui voudront s'en donner la peine, une bande son sous forme de play-list est indexée en fin de générique.

*

Les astérisques sont l’indication d’une sorte de changement de plan.

*

Je ne vais plus beaucoup au cinéma. Mes derniers bons souvenirs datent du Festival de Clermont l’Hérault de janvier 2007. Le jeune et dynamique directeur de la salle Art et Essai avait réussi à fédérer autour de lui, et la Municipalité, et une équipe de bénévoles dont ma compagne Veronika faisait partie.

Un bar d’avant et après séances incitait à rencontres entre spectateurs, invités et journalistes. L’atmosphère était détendue sans toutefois faire l’impasse sur le professionnalisme : les invités sont là pour promouvoir leurs prestations.

 À la sortie de la projection de La Tête de Maman, film réalisé par Carine Tardieu, présenté en avant-première, j’ai ainsi fait cette expérience étrange de me retrouver à discuter avec Chloé Coulloud (Lulu) qui fumait son pète dehors avant d’affronter la causerie d’après projection. Chloé a dû se gaver pendant deux mois au Mac do pour avoir l’allure un peu gauche et agressive d’une ado qui veut en découdre avec sa mère et les hommes.

Ce film est un délire onirique doublé d’un réalisme percutant accentuée par l’insertion d’images documentaires.

Les organisateurs avaient volontairement omis de mentionner son nom sur l’affiche, mais Jane Birkin y est présente dans un rôle éventuellement qualifiable de “petit”, plus belle et douce que jamais ; un tandem émouvant avec Chloé ; y survient aussi un kangourou totalement délirant.

Ce n’est pas un film sur le cancer ! Carine Tardieu a bien insisté sur ce point ; elle a déclaré que c’était le film d’une fan de Jane : sa plus grande joie fut que Jane accepte le rôle et l’invite à boire le thé en compagnie de Chloé.

La Tête de Maman est aussi un film hommage aux années 70 à travers non les jeunes de cette époque mais les demi-vieux que nous sommes devenus. J’ai écrit demi, mais pour mes enfants, c’est carrément sans demi. Ça c’est sûr aussi.

Fin de ces anodins petits ragots festivaliers et flash-back.

*

Mai 1980 : au resto U de Besançon, mon amie Patricia Ahdjoudj, poétesse et rosicrucienne, me parle de Jean Servier.

DEUG de sociologie en poche, bien décidé à ne pas voir interrompre mes études comme les précédentes (PEGC Histoire-Géo/français ; apprentissage des techniques d’explication de texte avec pour support des San Antonio), je dois migrer vers une autre université pour obtenir ma licence et plus si affinités. J’hésite entre ésotérisme ethnologique et anomie, entre les universités de Montpellier (Jean Servier : L’homme et l’invisible) et Tours (Jean Duvignaud : « La parole agit à distance sur les corps et les corps excitent la parole »).

Je viens d’écrire La chanson de Marianne. J’écoute très souvent Leonard Cohen. Je rencontre Veronika. Avec sa Renault 6 couleurs canari immatriculée en Basse Autriche, nous faisons un voyage délirant à Paris (un festival de poésie, je ne me rappelle plus lequel) puis à Nogaro, chez Jean-Roger Bronnimann (Lidwine editions) pour finaliser la publication de La Chanson de Marianne.

 Ce soir-là, au moment où Veronika − qui ne refuse que très rarement un petit verre de schnaps − goûte son premier Armagnac tout juste servi par Jean-Roger, la terre tremble. Véridique !

Août 1980 :Veronika  obtient une affectation comme lectrice d’allemand au Lycée Jean Vallot de Lodève. La fléchette est tombée sur Montpellier. Nous faisons connaissance avec Marie-Jeanne Verny, occitaniste et militante au PCF.

*

Le directeur de l’UER de sociologie, le psycho-sociologue Alex Mucchielli, est le fils de Roger Mucchielli. De la famille Mucchielli, Laurent est le seul qui m’a paru fréquentable. Ouh ! Ça me change de Besançon, de Jean-Michel Bessette (Il était une fois la guillotine) et d’Antoine Casanova (historien marxiste et membre du PCF) ; un peu malaise, Montpellier.

Heureusement, nous pouvons tout de même respirer en compagnie de Michel Crespy, entre autres, auteur de L’affaire Léopold (Collection Thriller, Denoël, Paris, 2007) et de Bruno Roy (Pacha nonchalant des éditions Fata Morgana) qui apparaît de temps à autre à la fac pour nous faire bosser sur l’exotisme, entre deux virées sur les dunes de Carnon… Il me traite de gnostique ! Bon d’accord, je fumais le pétard; mais quand même. Nous avons réglé ce quiproquo dans le sable chaud ; parfois, la vie réserve de ces surprises ; et la Môme n’a rien à voir dans tout ça.

Veronika prépare et obtient son doctorat en linguistique (Des effets de l’acquisition d’une langue étrangère sur l’adulte). Les personnes polyglottes m’ont toujours fortement attiré.

 Confronté à l’ambiance réactionnaire de l’UER de sociologie, finies les bonnes intentions de réussite universitaire. Je suis rebelle.

*

1981 : je pratique la peinture et l’émaillage sur verre avec Veronika, dans notre atelier La Unième Nuit, également titre d’un essai de Salah Stétié (Stock, 1980).

1985 : Veronika et moi-même arrivons à Plaissan, une commune de l’Hérault qui, menacée de voir fermer son école publique, nous accueille à bras ouverts : un jeune couple, c’est bon pour la courbe démographique.

1990/91 : naissances de Florian, Nicolas, dits “les jumeaux” et Nina, seize mois plus tard.

Nous sommes un peu bousculés.

J’entreprends la rénovation de la maison achetée par Veronika. Finis les proprios paternalistes sans pitié et les douchettes délabrées !

Une amie, secrétaire d’avocat, m’apporte un IBM PC/AT3 sous DOS 3.0/ Windows 3.1 : le cabinet se modernise.

Je ne peux pas saquer les ordinateurs ! Allergique complet. Dans le même ordre d’idées, j’ai pris mon premier abonnement de téléphone fixe en 1984 ou 85 !

Cette amie, c’est le genre qui sait mieux que toi ce qu’il te faut ! Je pose l’engin sur mon bureau.

Le disque dur (20 Mo) rend l'âme au bout de trois mois. Avec mon copain Charles, anar et guitariste/banjoïste Bluegrass, bricoleur de motos, directeur de maternelle à Gignac, nous essayons d’abord de sauver les meubles.  Je n’ai jamais entendu parler du DOS ! Charles bidouille devant moi, je me prends au jeu, j’attrape le virus. : nous en avons la certitude quand, nous regardant, je lui dis que nous pourrions peut-être ouvrir la bête.

La tête de lecture est rompue ; cela fait une jolie sculpture, mais les dégâts sont irrémédiables. Finie, la mémoire d’éléphant. J’achète un PC d’occasion ; je ne me rappelle plus quelle marque et modèle, mais cette machine ne valait pas l’IBM et je continue, ram, ram…

Mon nouveau voisin, André, père des jumeaux d’en face − ils ont un an ; deux paires de jumeaux face à face, dans la même rue, le même village − entreprend mon apprentissage : internaute confirmé du 56 K, il connaît bien Windows dans son usage quotidien.

Prof EPS, il bosse comme un fou sur des tableaux Excel bourrés de macros destinées à la gestion des résultats obtenus au cours des compétitions… Il tripote le Visual Basic.

1999 : le fils aîné d’André et Jo, seize ans, se noie au lac du Salagou, notre extension estivale à tous. La planche à voile, les écrevisses, les carpes, les brochets, les VTT.

Nous sommes fortement bousculés.

Nous avons tout de même réussi à tous retourner au Salagou, assez vite… valait mieux.

Toujours la maison en rénovation ; truelle à la main, peintre en bâtiment, je crise avec la peinture artistique ; je n’écris plus. Je m’occupe à commercialiser la production de Veronika : ventes sur les salons, distribution dans les boutiques spécialisées et les galeries, livraisons, expéditions, compta. Je règle mes comptes avec la conception fermée de Windows et les multiples adwares (additifs publicitaires ou logiciels livrés avec de publicités) qui l’envahissent régulièrement : je dissèque Eorezo. Je publie sur le net le résultat de mes recherches sur Mygale et Eorezo et suis menacé de poursuite en diffamations, car Eorezo n’est pas un ‘virus’ (j’emploie malencontreusement ce terme, mais un ‘adware’). J’apprends à coder en HTML et CSS par une lecture intensive et attentive des sources. Je réalise mes premières installations de Linux à partir de disquettes puis de CD livrés dans les revues d’informatiques.

2005 : mes cinquante balais arrivent. Les enfants commencent à devenir grands. Seconde… Première… Conduite accompagnée… Pfouh… Stop ! Le Mur ! Le rétro y est resté.

*

23 janvier 2006 : un platane sur ma route ; un mort, Yun, le meilleur copain de Florian et Nicolas.

En ce qui me concerne, un mois et demi d’absence… pas à l’hosto… dans ma tête.

Nous sommes très fortement bousculés.

Mars 2006 : je retrouve les quelques premières pages manuscrites du Miroir écrites vers la fin des années 80 (?). Je m’assieds devant l’une de mes machines pentium II (propre et exempte de tout bidouillage) et mon écran LG. J’ai abandonné toute activité éventuellement répréhensible depuis ce soir du 23 janvier où, sur une machine de test, je m’attaquais à un problème ardu de configuration de BartPE, une espèce un peu particulière d’environnement Windows XP.

*

Clic, Clic, Clic… Je saisis tout le manuscrit existant au clavier J’efface les noms de villes, les souvenirs bruts. Je secoue tous les personnages, les entremêlent. La fiction prend forme.

*

La musique… ça sort des tripes. Je me dis que je n’ai pas prévu de bande son pour Le Miroir, une manie inaugurée avec Zone Sinistrée. J’avais prévu à l’époque antédiluvienne des premiers K7 de joindre au texte tous les morceaux de musiques ; du piratage… J’ai réagi à temps. Ouf !

La musique, c’est plus fort que moi. Pianiste classique, j’ai fait le clavier remplaçant, en répétition, dans un groupe de rock aixois. Sylvain, le leader, est maintenant céramiste.

Plus tard, j’ai rencontré Fab, un ex-batteur de Mitchell : Fab traîne le Mitchell  aux Prudhommes (1976). Cette canaille, il gagne ! Mais après, les contrats… terminés ! Viré le Fab ! L’esprit mesquin du Mitchell revanchard… ouais, c’est sûr… il l’aime sa petite SACEM.

Après Mitchell, Fab tourne avec Au Bonheur Des Dames pour faire bouillir sa soupe. Fab était très mignon à ce moment-là. Il a fini par laisser tomber. Il n’aime pas se faire tripoter par des mecs.

Puis Fabrice rencontre Patrick Péronne et Jean-Michel Guillo qui composent de la musique expérimentale (à l’époque leur référence c’était Weather Report, la folie du modal !), de la bande son pour le cinéma, entre autres, pour un film (Je crois, Un dîner très spécial de Benazeraf, 1977), pour des documentaires animaliers, pour des téléfilms dont un Maigret dans lequel ils apparaissent jouant sur scène au fond d’un cabaret douteux.

*

Fab est descendu de la capitale à Plaissan après le décès de sa femme… un cancer du sein.

Fab connaît Michel, guitariste et compositeur qui joue avec Daniel Guichard et tourne en Bavière, au Tyrol, des trucs comme ça ! Ou à la fête locale de Canet, la commune voisine de Plaissan ; un gros comité des fêtes, dynamique mais un peu trop pastaga. Voilà, Guichard (qui réside dans l’Hérault) en vedette, à Canet ; baston assuré à deux heures du mat' ! C’est mieux qu’à la téloche ! Du live !

En 2008, Fabrice Raboisson et Michel Rousseau travailleront à la bande son de mon poème Capoeira.

*

 Après déballage mutuel de nos CV, nous nous sommes donc mis en tête d’animer Plaissan, car, après cinq années à faire le secrétaire, je suis devenu président de l’association culturelle Le Cap (Comité d’Animation de Plaissan) ! Mon premier mandat dure six mois ; le temps de m’engueuler à mort avec une arriviste artiste peintre et de méditer sur une remarque franchement déplacée de Fab en pleine réunion d’Assemblée Générale.

Fab, trésorier, est exaspéré, car l’artiste peintre veut à tout prix passer la moitié du budget annuel de l’association dans une fête costumée à l’occasion de la journée du Patrimoine, inviter le sénateur PS du coin, maire du Pouget, l’une des communes voisines (où sera tourné Chien de la casse), et pavaner avec toute cette bande pour leur racler des subventions.

Luc, qui est costumier, nous suggère, petit doigt en l’air, qu’il voit ça dans une ambiance Second Empire. Luc vit avec un copain et ne s’en cache pas. Je n’ai même pas le temps de lui expliquer que je n’aime pas du tout Badinguet que Fab le traite de pédé. (T’es CAP ? Notre devise !). Au village, tout se passe bien. : comme dit la secrétaire de Mairie, la gay pride, c’est cool !

Pfouh ! Je me fais petit sur ma chaise. J’ai la honte. La moitié de l’Assemblée Générale démissionne pour créer une seconde association.

Nous n’avions aucune envie de gérer BCBG un club pré-troisième âge.

Le CAP seconde mouture continue contre vents et marées. Nous achetons une table de mixage pour faire de la musique avec les mômes ! La Mairie nous suit. Notre projet (implicite) est de nous donner deux ans (le temps que les plus âgés des jeunes soient majeurs) pour les préparer et leur passer la main, qu’ils fassent le tour de ville en déconnant pour tirer des pépètes aux richoux et faire la fête avec ! Après tout, c’est eux qui s’emmerdent le plus dans ce bled pourrave de banlieue.

Plaissan est à une demi-heure de Montpellier ; la commune se développe en lotissements demi-luxe : les nouveaux habitants, c’est le style « J’arrive au soleil ! ». Au milieu, des vieux ouvriers agricoles espagnols républicains… Tu sais, les camps, sur la plage de Sète. Bonjour Georges !

Ceux qui étaient les mieux logés (à huit ou dix dans 30 mètres carrés, au quartier délabré du vieux Plaissan, celui-là même où Veronika est maintenant propriétaire) allaient tous les dimanches, à pied et en charrette, à travers la garrigue, porter à manger à ceux qui étaient encore coincés là-bas, au Camp, et qui attendaient le train pour l’Allemagne… avec la Gendarmerie française qui poussait dans les wagons ceux qui étaient encore vivants.

*

Nous avons invité une troupe de flamenco résidente au théâtre du Minotaure à Béziers ; du flamenco, pas des froufrous ! À suivi une grande paella confectionnée par les barmans du village (des anciens costumiers de théâtre).

De vieux émigrés de Murcie en pleuraient.

*

Il y eut aussi La Fête de la Musique. Des mômes ont joué du piano ; Michel Rousseau, chanta Nino Ferrer et Johnny ! une copine voulait chanter Mirza… OK ! Mirza ! Mais tout le public a su tout de même que Mirza, c’était pas ça : ça conduit direct au suicide. Look Polnareff, j’animais la scène avec une écharpe en soie rose et paillettes, une veste blanche en alpaga (Une histoire cette veste ! Attends… digression !), les cheveux encore longs. Plus tard, je les ai coupés en brosse, la première fois depuis 1970 ! pour essayer la tondeuse des jumeaux avec, en rappel, une longue mèche derrière. Ils m’ont traité de punk, 

*

Quelque part entre 74 et 78, Besançon: je sors d’une soirée en compagnie de ma p'tite Marie-Jeanne au bec. Quatre heures du mat', je descends la Grande Rue. Je passe devant une luxueuse vitrine… explosée ! ? ! Je continue… puis je réagis… KENZO ! Dans mon délire, je recule, je passe ma main par-dessus les verres bien pointus et j’alpague la veste ! Je la mets… elle me va ; je continue.

J’ai pas pensé une seconde à la tête du keuf qui pouvait passer par là.

*

Tout ça pour dire que depuis le 23 janvier 2006, la mère de Yun, qui était aussi une copine, elle a la haine… rauque… J’ai l’mauvais rôle : au retour de la répète de Hip-Hop, je tue son fils, contre un platane !

Un boulon qu’a pété ! La fixation de la rotule de direction mal changée par le garagiste du village et conseiller municipal chargé de l’animation… Tu vois la pyramide ?

Je conduis dans la nuit. Il fait chaud dans le fourgon. Tout est “normal”. Le rond-point est devant moi… je rétrograde… une secousse ! Trois mètres (trace de la roue) à soixante-dix kilomètres-heures (19 mètres à la seconde !), le tronc tout noueux, le pare-brise éclate… Stupeur ! J’en ai encore le bras à demi-paralysé… Diagnostique : une capsulite rétractile due à un choc émotionnel… entre 4 mois et deux ans de remise en état. Tout dépend de la motivation du patient !

La mère de Yun m’a fait savoir qu’elle ne voulait pas me voir à la levée du corps… Elle a aussi viré Veronika et quand elle voit un poème sur la tombe de son fils Yun, elle le déchire… parce qu’elle croit que ce sont nos jumeaux qui l’ont déposé… (ce n’est pas moi non plus…) et elle dit partout qu’ils n’étaient pas copains du tout… la vie, des fois, c’est une folie… meurtrière.

Alors, je me suis assis devant l'ordinateur. J’ai ouvert LibreOffice, configuré une mise en page 32 kai, L. 13 cm, H. 18,40 cm, marges G. 1,98 cm, D. 1 cm, Haut 2,50 cm, Bas 1,25 cm, Insertion Pied de Page, édition du champ  numéro de page, enregistrer sous Miroir.odt.

Je réécris plusieurs fois le texte, d’abord un narratif avec récits et dialogues, puis uniquement avec les dialogues entre les personnages qui se racontent leur vie au coin de l’oreiller ; insérées entre les dialogues, quelques lettres, pièces à conviction de chaleureuses amours. J’ai même fait un petit emprunt non cité à André Gide. Parole… ce n’est pas du plagiat. Le contexte est explicite. Les autres emprunts à des textes sont signalés à la fin ou dans le dialogue lorsque la situation s’y prête.

*

Après avoir obtenu un résultat globalement satisfaisant (Le genre d’appréciation relevée dans l’un de mes bulletins scolaires.), j’entrepris une réécriture complète des dialogues afin d’en passer une partie en plusieurs argots : celui de Evariste Nouguier, décalé, revendicateur, (Dictionnaire d’argot. Nigel Gauvin, 1987), celui de Sandry Géo et Marcel Carrère (L’argot moderne, éditions du Dauphin, Paris 1953), un ouvrage réactionnaire, raciste, bien pensant, émaillé de diverses considérations détestables sur la sexualité ; et enfin, L’argot des musiciens d’Alain Bouchaux, Madeleine Juteau et Didier Roussin. S’y ajouta, bien évidemment celui des cités alors parlé par nos enfants et leur bande de Plaissan.

*

En compagnie de M. M., il m’a fallu passer à la douloureuse correction syntaxique, grammaticale et orthographique qui aura laissé, nous l’espérons, le moins de coquilles et orthogaffes possibles. Ceci nous aura donné l’occasion de profondes discussions sur nos années 60, 70, 80, 90 et 2000.

J’ai alors réécrit certains passages qui pouvaient laisser la porte ouverte à quelques confusions et remarques déplacées.

Durant l’année 2006, j’ai dessiné la première de couverture du Miroir avec Paint et quelques petits logiciels libres de traitement de l’image. J’aime la simplicité en informatique.

Fin décembre 2006, je relis encore une fois et passe presque tout le texte au présent. Le montage en flash-back télescope des dialogues que dix, vingt, trente années séparent.

On est un très pronom détestable à éviter absolument. Je le supprime. J’ai fait de même avec Ça. Il en reste : le choix en est volontaire.

Pierre Belleney, 6 mars 2007

 *

Textes cités dans Le Miroir

Le lama aux cinq sagesses, Lama Yong Den, traduit du tibétain par Alexandra David Neel, éd. Plon, Paris, 1933.

Champignons toxiques et hallucinogènes, (pp. 215 et ss), (p. 290), Roger Heim, éd. Boubée, Paris, 1963.

José Benazeraf,  (p. 64, p. 82) Paul Hervé Mathis, Anna Angel, Anthologie permanente de l'Érotisme au Cinéma, Dirigée par Eric Losfeld, Le Terrain Vague, 1973, Paris.

Fêtes et Civilisations, (p. 77), Jean Duvignaud, Librairie Weber, 1973.

On a marché sur la Lune, Hergé, Casterman, 1962.

La révolution sexuelle, (p. 368), Wilhelm Reich, traduit de l'anglais par Constantin Sinelnikoff et Wilhelm Reich Infant Trust Fund, 10/18, Union Générale d’Édition, Paris, 1971. 

Babeuf, Écrits présentés par Claude Mazauric, (p. 101), Messidor/Éditions Sociales, Paris, 1988.

*

Ce texte fut initialement adressé à Jean-Yves Reuzeau (éditions du Castor Astral) qui m’avait lui aussi proposé de publier La chanson de Marianne. Cette version est une réécriture réalisée en août 2026.