L'obsidienne

L'obsidienne

L'obsidienne

L'OBSIDIENNE avec 1 illustration de l'auteur. Postface de Sarah B. Cohen. Editions de l'Obsidienne Montpellier, 2021 ISBN 979-10-91874-27-4 Ce PDF modifié sera probablement la seule trace du texte original. Conformément à une note rageuse "Détruis tes brouillons !" paraphée sur l'un des feuillets du manuscrit de Fatras malodorant, Pierre Belleney a détruit le tapuscrit de L'Obsidienne après l'avoir numérisé, corrigé et auto-censuré.

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Auteur.ePierre Belleney
ISBN979-10-91874-27-4
FormatA5
Nombre de pages33
Poids405.13 Ko
Produit numérique

Ce texte L'Obsidienne est la genèse des Éditions de l'Obsidienne.

Pierre Belleney ne s'est jamais étendu au sujet de ses mythes récurrents, gothiques, liés à la puissance des gemmes, la translucidité des verres, la magie des miroirs, des boules de cristal, du temple du Soleil, du tombeau de Toutankhamon et du Grand Albert.

Dans Fatras malodorant, un vaisseau dépose Coryphée et Belle aux cheveux ras qui joue du saxo au bord d'une route banale, sous une brume de fine poudre d'obsidienne.
Dans Le miroir, Léo, fréquente un bar, L'Obsidienne, et Nati lui envoie une obsidienne en cadeau.
Une telle obstination ne peut être attribuée au hasard. Quoi qu'il en soit, lorsque Pierre Belleney décida d'être éditeur, L'Obsidienne lui vint très naturellement à l'esprit.

Le texte L'Obsidienne a été écrit durant la même période que Fatras malodorant, La ballade de la Dame des Orées et La chanson de Marianne, une nouvelle qui fut l'objet d'un contrat d'édition passé en janvier 1977 entre Pierre Belleney et Jean Roger Bronnimann, pour Lidwine éditions, à Nogaro. Il semblerait que le recueil L'Obsidienne fut ainsi édité, mais aucune trace n'en subsiste à l'exception d'un courrier envoyé par l'imprimeur dans lequel il est question de litiges concernant tant l'orthographe de l'auteur que les coquilles de l'imprimeur.

En octobre 1975, après cinq années d'internat -  inaugurées par un viol au préjudice de l'auteur - et quatre de lycée post-soixante-huit, Pierre Belleney - dûment majeur, par la grâce de Valéry Giscard d'Estaing - quitte l'appartement de ses parents et s'inscrit à l'Université de Franche-Comté, à Besançon. Locataire d'une chambre de bonne, dans un immeuble bourgeois, au 26 rue de la République, il vit de petits boulots, enfin libre de ses rencontres amicales, amoureuses, hétérosexuelles et homosexuelles.

Il peut paraître étrange de préciser tout cela, mais, convenons-en, les Éditions de L'Obsidienne ont toujours affirmé leurs affinités LGBT et leur intérêt pour les écrits de Wilhelm Reich.

Tentons de nous dépêtrer des ineffaçables traumatismes qu'engendre un viol durant l'enfance.

Ne pas préciser ce qui précède pourrait entraîner des quiproquos quant à la réception de L'Obsidienne par les lecteurs et lectrices ; tant d'apparente naïveté infantile, de violence revendicative face à la répression du désir, de haine face à son propre être non-binaire, ne peuvent être mesurées qu'à l'aune du préjudice subi.

1976 est l'année de la rencontre amicale, primordiale, de Pierre Belleney et de Patricia Ahdjoudj, poétesse, rosicrucienne, décédée à Besançon en 2020. Patricia avait déjà publié plusieurs poèmes dans des revues ainsi qu'un recueil, Les yeux cernés, chez la Pensée Universelle, édition à compte d'auteur et commode équilibre financier des éditions Alain Moreau.

Les jeunes auteur·e·s de ces années soixante-dix, évincé·e·s, censuré·e·s, de plus en plus écœuré·e·s par le compte d'auteur et le système capitaliste de l'édition, décident de s'autoéditer. Ce que fit Pierre Belleney, en 1980, avec son roman Zone sinistrée, une coproduction de Veronika P. et Otto Édith Sion de l'Obsidienne - chez l'auteur.

Des revues, souvent illustrées, très proches de la BD, des fanzines, des éditions se créent, autrement. Se développe alors tout un réseau d'alternatives qui favorise une foisonnante publication souvent qualifiée de « parallèle ».

Patricia Ahdjoudj était en contact avec ce réseau :  Didier Michel Bidart (Revue L'Ecchymose), Jean-Yves Reuzeau (Éditions du Castor Astral), Jean-Roger Bronimann (Lidwine éditions) et bien d'autres. Ainsi furent publiés les premiers textes de Pierre Belleney, ici ou là, dans ces revues.

Pierre et Patricia se voyaient quotidiennement et échangeaient des poèmes. Pierre, qui écrivait depuis l'âge de onze ans, s'y consacre alors très régulièrement.
Ainsi en est-il des partages, synergie et mutuelles influences au cœur d'une profonde amitié littéraire. Ainsi est née L'Obsidienne.

Pour conclure, à moins de retrouver un jour des exemplaires fantômes de la publication de L'Obsidienne par Lidwine éditions, il reste à préciser que ce PDF modifié sera probablement la seule trace du texte original.
Conformément à une note rageuse : « Détruis tes brouillons ! » paraphée sur l'un des feuillets du manuscrit de Fatras malodorant, Pierre Belleney a détruit le manuscrit de L'Obsidienne après l'avoir numérisé, corrigé et auto-censuré.

Pourquoi a-t-il appliqué ce principe à L'Obsidienne et pas à d'autres manuscrits ?
La réponse pourrait être que les temps ont changé et que ce qui pouvait être admis dans les années soixante-dix ne l'est plus aujourd'hui. Si votre lecture a été attentive, vous avez pu constater que Pierre Belleney évoque David Hamilton :
« Leurs doigts écartés suivaient les dessins ouverts et si fins de cet angle aigu et chaud, au creux de leur paume et leurs jambes comme un clocher sans bulbe, un nid de cigognes sur sa pointe - blond de soleil - un soir d'Hamilton. »

Il est actuellement admis qu'Hamilton est un délinquant pédophile.

Est-il également bienséant d'écrire « Il regrette pourtant ces nuits complices - nuits d'amants - à cet âge - si jeune - il aimait ! - il le revendique - avec son corps, avec son cœur - en toute conscience » ?

Serait-ce le constat comportemental d'un jeune homme violé onze ans auparavant ?
La complexité de ces faits, entremêlés, relatifs à la sexualité « enfantine » ne peut être appréhendée par les discours haineux en vogue depuis les années 1990.

detruis-tes-brouillons

Sarah B. Cohen